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Bonen, 4 FeTrier.

Bonen, 4 FeTrier.

POLITIQUE DU GOUVERMMENT flu 7 AOUT.
Le système du gouvernement pendant ces dix années pent se
,
, a
résumer en deux mots : Se faire tout prix accepter de !'Europe
monarchique et pour cela soumettre la politique extérieure de Ia
,
a
France celle des puissances étrangères c'est-à-dire sacrifier ses
,
a a i'm-
intérêts leur intérêt ; attaquer et détruire progressivement
a
térieur les libertés publiques odieuses ces mmes puissances et
, ,
étabiir ainsi entr'elles et la dynastic du 9 aolit une cornmunauté de
principès qui les rende m utuellement solidaires.
Le premier point vient d'etre expressément avoué par les publi-
dtes de la cour, car on se croit assez fort pour n'avoir plus besoin
de dissimulerla trahison même. Les preuvesdu second setrouvent
partout dans les lois dans les actes do l'administration dans les
, , ,
greffes même des tribunaux ordinaires et exceptionnels. En fait de
tendances anti-natiotiales, d'attentats hardiment contre-róvolution-
a
naires cc qu'on reprochait si justenient la restauration West
,
rien prés de ce qu'on a vu depuis près de cc que nous voyons tous
,
les jours.
It a fallu du tems, beaucoup de tems pour que le pays pit croire
A
des projets d'ahord hypocritement voilés désavoués en paroles,
,
et activement poursuivis dans l'ornbre ; it la coupable resolution de
transformer sous des apparences mensongéres de garanties con-
,
stitutionnelles, Un gouverriement libre en un gouvernement absolu;
a
'de ravir la société ses conqutes de la faire reculer d'un demi-
,
siècle et plus.
Deux choses ont contribué principalement a prolonger I'illusion
eeL égard.
Une opposition turbulente qui en inquiétant sur sos intér&s ma-
,
tériels une partie noinhreuse de la population a perm is an pouvoir
,
de s'en presenter comme le protecteur, et d'écarter de La sorte les
resistances qu'auraient sans cela rencontrees ses usurpations
Une contiance aveugle dans Ia vigilance ci le patriotistisme des
corps instituéspour défendre Ic depOt sacré des droits de la nation.
ii était nalurel qu'au sortir d'une crise qui avait ébranlé tant
d'existences on s'effrayât de certaines tentatives violentes dont on
,
De Concevait nettement ni la nécessité ni le but, et auxquelles mrne
le pOuvoir, s'aidant de quelques folles exagérations souvent pro-
,
,
'Voquées par liii prêtait Un but de désordre directement voulu et
•d'anarcjiie systématique.
11 etait naturel encore que le pays se repoSàt sur ses mandataires
du son de conserver et d'achever l'édifice constitutionnel d'arrê-
,
(er le pouvoir clans ses voies rétrogrades et de le pousser dans celies
'du progrés.
Mais lorsque l'effervescence excessive et les mouvemens irrégu-.
tiers se sont apaisés enuin , sans que neil alt change dans le système
a
du gouvernement a l'intérieur ni l'extérieur ; lorsqu'on I'a vu,
AU Contraire, trahir, humilier, degrader de plus en plus la France
au-dehors l'asservir au-dedans de plus on plus marcher la tête
, ,
haute vers tin absolutisme sans limites et sans frein, avec Ia conni-
vence des grands corps de l'état la connivence de la chambre des
, a
pairs devenue entre ses mains une simple machine enregistrement
a
et a Jugemeris la connivence de la chambre elective assouplie ses
VOiOfltes par la corruption alors le pays, se réveillant sur le bord
dc la COntre-réyolutjon imminente, a compris qu'on l'avait trompé
et qu ii s'était trompé ; qu'il lui fallait ou
perdant le fruit de cm-
,
quante ans d'efforts, être efface a jamais peut-être du rang des peu-
pIes libres c'est-à-dire périr en tant que peuple, OU se sauver Iui-
,
.fllêrne : alors a commence le solennel mouvement qui se propage

de cite en cite, de hamean en hamean, of qui dësormais croltra cha-
que année, s'il faut des années pour obtenir cc que Ia France veut,
cc qu'elle voudra jusqu'à cc qu'elle I'obtienne.
a
Qu'importent les itisolentes declarations de ne jarnais ceder sa
volonté souveraine P Qu'importent les obstacles qu'on y opposera P
Elie en a vaincu bien d'autres et de plus grands. C'est to roseau des
a
bords du fleuve qui se redresse et Iui dit : t J'arrêterai ton cours
mes pieds, tu ne rouleras pas plus loin tes eaux ; pourquoi es-tu
fait, sinon seulement pour huniecter mes racines et nourrir ma
sève P >
Voyez déjà l'esprit de vertigo s'emparer de vos ennemis ; voyez-
le trahir leur frayeur par de stupides violences. Quoi ! it ne sera
pas permis, suivant eux, aux défenseurs de l'ordre public de recta-
mer to droit legal d'intervenir dans la chose publique ! Qu'en you-
,
lez-vous done faire de cette chose publique, dites-le-moi Si VOUS
craiguez taut ceux que Ia loi rnême a charges de la défendre? In-
a
senses ! vous osez tenir trois millions de Français cc Jangage;
a
(( Abandonnez notre appel, votre foyer domestique vos occupa-
, ,
tions Vos affaires ; combattez pour nous mourez pour nous ; mais
, a ,
gardez-vous bien de demander ne plus être dans une sociCté dont
lasouverainetépolitiqueest la base, des parias politiques, d'en ex-
primer Ic simple dCsir ; car aussitOt nous punirions votre séditieuse
audace. )) On verra plus lard de quel cOtC sont les séditieux.
Honneur aux citoyens généreux qui, le8 premiers, onE donné
a
l'exemple d'un courage que d'autres imiterout! La lutte s'ouvre
peine; ilestbeau d'avoirinscrit son nom sur le drapeau glorieux a
qui la victoire restera!
Elie sera le prix de la persévérance : nut repos done après to
a , ,
trioniphe. ilonte celui qui ferme aujourd'hui actif aujourdhui,
cesserait demain. Chaque jour a sa téche qu'il faut accomplir.
Point de fatigue qui excuse; la fatigue West quo le prCtexte de la
lâcheté. Elevons-nous par noire dévoi'iment, par l'oubli tie nous-
mêmes , par le saint amour du juste et du vrai a la sublime hauteur
,
de la cause dont les destins nous sontcontiCs. Ceux quo nous coin-
battons, que veulent-ilsP leur bien personnel lie au mat des au-
tres. Quevoulons-nous? que devons-nous vouloirP le bien de tons,
en y sacrifiant s'iI est nCceSsaire notre bien personnel. Its vivent
, ,
en eux-mêmes uniquement; flOU5 ViVOIIS hors de nous. Voile cc
qui nOUS sépare cc qui fait d'eux of de nous comme des races dif-
,
férentes.
Car, frères sachez-le bien it existe deux races: la race CgoIste
, ,
de i'intCrêt pur, in race sympathique du devoir et du droit. Soyons
,
de celle-ci et chassons l'autre vers les deserts ou sa demeure est
,
marquee, loin du sejour de l'homme, parmi les êtres inféi-ieurs in-
capables de soclété les brutes solitaires des forêts.
,
LAMEINNAIS.

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