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DE LA CONVERSION DES RENTE.

DE LA CONVERSION DES RENTE.
Séance d'hier.
Cost bier que West discutée is la chainbre des
députés La proposition de M. Gouiu sac la conver-
sion des rentes. Cette conversion , qul , par sa na-
ture , ne sentblait (lCVOir soulever aucune question
politique , a cependant été la cause on du moms le
prétexte de la division qui a éclaté entre leg doctri-
naires et La Inajoritti qui lea avait jusque-]A son-
terms. IL y avait done une question politique a cóté
de la question financière, dans la discussion qui a
eu lieu liier an Palais-Bourbon.
Si In justice du remboursement ou de La conver-
sion des rezates 5 0/0 avaiL été contestéc par queL
qties personnes , it nOUS seinbie que tous lea doutes
doivent avoir disparu devant le rapport de M. La-
cave-Laplagne. On ne pouvait opposer a cette
gt'ande niesurefinancière que lesprincipes de l'équité
on leg principes des lois éccites , on La nouveauté du
procédé. A la premiere objection, l'on a répondu
qu'il n'y wait aucune injustice is reinbourser lute-
Rraletnent cequi avait k4 empiunté ; a in seconde,
oil a oppose l'art. 1191 du code civil et la mi de
1793 , et it la troisièlne , l'exemple de cc qu'ont
ht autrefojs Colbert et Sully.
Q nant a l'oppovtunitC, nous ne voyons pas (JttC
on puisse attendre une époque plus favorable.
Quels enneinis intCricurs tro ublent le calnie profond
dans lequel la nation est endorinie ? Qui souge en-
core aux torches éteintes de la guerre civile ? Qui
songe tnêtne La plus petite liberté? Est-ce a l'ex-.
teneur qu'apparaLssent leg embarras et leg dangers?
Mais to gotivernement dit pie jamais la pail n'a
etc plus assuréc ,tie jalnais l'Earopc n'a joui d'un
caitne plus profond, janlais Dons n'avons reçu
d? n ba voisins plus de preuves de sympathie. Et le
( atileurs, queue guerre, qiceLlesdifficultés diploma-
tiques pent-on redouter, lorsqu'on a pris la rCsolu-
tion de tout souffrir plutót quc d'avoir recours aux
artnes?Nous ne voyons pas en véritC quelle objec-
tion Serseuse l'on pent faire.
M01 , derriere cette question de reinboursentent
Sc. trouyajt iThe question politique , nous dirons
meine une question persontielle. La majorité Ctait
ilSie (les doctrinaires; die a saisi l'occasion qui lui
etatt PreseutCe , etelle lea a renversés. us se rctirèrent
))aIce qu'ils soutenajent, par l'organe de M. de
13I09lIe,et Cn5 par celui de M. 'l'hiers, pie La
Snesure etait imrnorale en priucipe , et d'ailleurs in-
opportune. La inoialjtC du principe et l'opportu-
lUte furet soutenues par MM. Sazet et Passy.
TJQ nouveau ministère se forme sons la pr.si-
uence de cc lnêine M. Thiers qai avait dit it la tn-
s)Uue que le pniucipe de La conversion Ctait immo-
ral. Pounquot cela si la question personnelle n'a-
att pas doinin6 la question financlére? 1'Li'1. Passy
t Sauzet sont ineinbres du nouveau cabinet : rien
: Plus juste; Inais comment s'accor(lerOflt-ilS avec
': litters et avec La InajonitC? Sera-cc M. Thiers
! Vlefltjt.a faire amende Itonorable,ou bien leg élus
la lnaJojit? Ne faudra-t-it pas que, de part ou
( autte, 'a (lignite soit sacriCe aux convenanCeS
Pdlsonnelles? Ni lea uns ni lea autres n'ont fait
alnencle honorable ; tous ont sacriulé l'opinion qu'ils
Venatent de soutenir. M. Tliiers a reconnu La jus-

tice duprincipe ; ses collégues et la majorit, repié-
seatée par la commission , ont rcconnu l'inoppot-
tui-iité : I'tiji Vaut I'autrc.
C'est dans ces termes que la discussion West pr-
seflte a la seance d'hier. Cette discussion a prouv
mleux encore quo tout cc que nous avions vu se
passer soils nos ycux, depuis un mois, que, daus la
crise ministérielle qul West resolue an profit de M1%J.
Thiers, Passy et Satizet, ii y await une question per-
sonnelte qui dominait toutes les . autres questions.
Le Ianage de MM. Thiers et Passy, qul, it y a
six seinaines, avaient une opinion diametralement
opposée, et qui aujourd'hui se trouvent pa'fatc-
ment d'accord , a démontré quo ces prétendus
hoinmes d'&at savalent faire des concessions a lour
ambition. It n'est pas de sophisme qui puisse attS-
nuer ce qua de patent et deplorable un si brusque
revirernent ; et Iorsqu'on en prend de gaité de cnur
La responsabi1it, ainsi que Font fait les Ininistres
du 22 fvrier,onest mal venu a faire parade de La
Constance de ses opinions. It faut que La bonhoiñie
cridule de certaines personnes soiL bien excessive
pour se payer de pareilles raisons.
Le Jangage de MM. Thiers et Passy nous a pant
d'une pauvreté désesptrante , et M. Berryer , qui a
iepondu a M. le president dii conseil avec cctte
puissance de paroles qui fat si terrible pour M. de
Brogue dans la discussion relative aux ving-cinq
IHillions , a conquis Un triomphe par trop facile.
L'honorable orateur a laissé de côt Ia question p0-
litique : it n'a trait4 que la question de Iégalit , de
convenance et d'opportunité , et it a battu sea ad-
versaires sur tous lea points. Coinbien sa victoire
eat encore éL plus facile, s'iL etlt voulu user contre
eux de tonics leg arines que les inisrablcs tripo-
tages du dernier reinaniernent ininistériel znettaient
A sa disposition
La discussion est encore pea avancéc : la gauche
n'y a pas jusqu'à present pris part, et nous croyons
que ses paroles devront êtrc de quelque poids
dans la balance oh La chatubre pesera sa decision.
Q utile sera cette d&ision? La chambre elle-inéme
n'en sait peut-étre rien encore. L'indécision est
partout ; la pear de heurter le luinistère est balan-
tee par cette considration importante, savoir : que,
depuis deux niois que la question de la réduion
des rentes est a l'ordre du jour, it u'y a rien de
change dana lea causes et dans leg effets prsuinés
de la incsure. En. effet , si cette inesure doit ètrc
desasereu.e et odieuse, coinine l'asoutentt M. Thiers,
it y a six setnaines , elle Ic sera encore inaintenant ;
Si , an contraire , elk était opportune , coinme La
chambre Fa décidé par son premier vote , qui a
aigien4 le renversement des doctrinaires , cue doit
l'étre encore aujourd'hui, car ricu n'est chang6 (inns
La situation des choses et des esprits , et Les rentiei's
oat: eu le teins de faire tours réflexions.
La vote de La cliambre, a la suite de la discussion
comnieucc , dolt done étrc to inèine , si elk a to
sentiment de sa digniti , quc celal par lequel cite a
repouss l'ajourncineut sons Ic ininistére de M. (le
Brogue. Le second dolt étre la consquence rigou-
reuse, inevitable du premier. Le purtarisnie est id
un devoir, et toute transaction nuirait a la consi-
dération quo la chainbre dolt étie jalouse de colt-
s erver aux yeux du pays.

l ,1. de Stabenrath, juge d'instruction, et M. Cinq jours aprè, J)ufils n'existait plus. Lea médecins
attestèrent que la mort
Blanche , substitut de M. In procureur du roi , s'é- ayant fait I'antopsie ducadavre ,
avait dIC la rCsullat des deux COUpS de fort du 28. Pupin
talent transportCs , vendredi dcrnier , a Saint-Paer,
WitcesSC do reconnaitre quo C' tail lui qul lea avait
A l'occasion d'art jnceiidie qul avait écLaté daits cette
tires
commune. Déjà, it y a deux mois , la commune de Le meantre Ctait done constant; Ic meurtrier etait
Saint-Paer avait Ctë le tliCztre d'un incendie , et le connu ; Ia voloutC do commettre to crime ressortait do
tetour cl'un sinistre pareil avait dtl.éveiller l'atten- son retour vera la porte de Dulls et de sa poursuite dana
Iriie circonstance vint aggraver encore cot at-
: tion des inagistrats. 'l'outefis , aucune arrestation le magasin.
ii'a k6 faite , et it paralt que cc second incendic est tntat : La prCmCditation.
l5upiil ayait contre Dufils des motifs de haine anciens et
le résultat, non d'un crime, mais settlement d'un d'aut.ant plug puissans qu'its avaient lour onigine dana son
accident. Suivant toutes leg probabilités , uti ellen tine année aupa•
honneur de marl outrage. Dufils avait ,
ayallt to poil tees-long, aurait emportC avec lui un ravant, Vfitretenu des relations adultères avee la femme
rela-
petit charhon d'une cheininCe 1)rès de laquelic it de Pupin. Bea.'C0UP de scandale avait &6 joint a ces
Ctait couchC , et aurait ainsi allutné dana une grange tions, et ellesn avM't point CtCatissi sansun grand dom-
maepot1r lea intCrêls abYu1).jtt. La femme avait dercnul
flu foyer d'incendie. sommes considCrab es.
Une chose assez singulière , c'est qu'il y a seize en Polies, avec son complice, i.
ans , jour pour jour , lea buitiinens actuel[emeiat in- Plusieurs fois Pupin avait profrb des menaces de most
et do vengeance contre Bufils. Notammon:. en ovembre
cendiCs avaient Cté la proie des flaunnes. 1834, dana un cafe d'Yvetot, s'étant trouvè avee sa
femme et Pufils et ceux-ci s'étant livrCs devantlut
,
Pupin sortit do colére on disant :Je
caresses assez vives , ,
Sainedi dernier une femme, deineurant a Bonse- It'll P8UX plus lenir ; it faut que je to tue.Ilpit jours
cones , West coupé Ic cou avec un rasoir. Encore avant l'Cvenement, une flue Carlu, revenant du marchC
que sea blessures fussent très-graves, on était arrive' do Doudeville, Ic rencontraarrêté sur le bord du chemin
assez a tents près d'elie pour lui donner des secours avec un homme auquct it parlait : it lui demandait s'il
et concevoir l'espérance de la sauver. Mais it pa- n'avait pas vu an femme et it ajouta :It est encore au-
jourd'hui a Doudeville avec iRa feinme mais dan:
rait que lea ltIaies Se sont rouvertes ( on ne sait si ,
huilfours it aura ma vie ouj'aurai la sienne.
c'est parce que cone feinine a cile-métne levé l'ap-
L'acte d'accusation prCsente.ici queIquts argU-
panel! ) , ot la maiheureuse a succombC.
incus tcndant a Ctablir que c'est bien en effet de
M. Justin, substitut do M. le procureur du roi,
(lessein préiné(litC quo Pupin a commis Ic meurti't
s'est transportC bier a Bonsecours , on M. le juge-
pour lequel it est poursuivi ; it reproche a cot accuse
de-paix du canton de Boos West aussi rendu.
quelques actes de brutalité antérieurs au crime dii
28 novenibre , et it terinine en iudi q uant qnelques
cornt D'ASSISES DE LA SEINE-INFERIEURE. nloyens de defense invoquCs par ui dans l'ins-
PRESIDENCE IDE M. LEGRIS DE LA CHAISE. traction.
Le compte quo nous rendrons des ddhats now ;
Alari accusó d'avoir assasiné I'an,snt de Ia femme.
it dispense d'entter dana ces développemes. Quant
Une seale affaire ilnportante reste a Jager par le
present , nous notis bornons a faire connaitne Ic fait
jury ; elle sera appelée jeudi : nous donnous le
materiel qui sent do base a l'accusation.
texte de l'actc d'accusation dressC pan le procureur-
M. Roulland portera la parole, au nom du mi-
génCral
nistére public, et M Dupuis présentera La defense
Le 28 novembre dernier , , aprés avoir passé la nuit It do l'accusé.
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