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LA.MERE FOLLE
.
IIISTOIRE TEAGIQLJE.
(Suite. = Voirles numéros des 2, 3 et 4 décembre. )
Iv
L'enquêLe cornmencée sur Ic rneurtre de Burdéus se conti-
nuait avec activité. L'année 1625 avait dté marquee par des
cninies Si nombreux, quo des edits de Louis XIII avaient pres- a
crit ton s lea parlemeris on i'edoublement de sCvdnité contie ,
les assassinaLs volenies et filouteries de Louie espéce qui me-
flcaient de transformer le royaurne en un thCâtre de brigan-
dages. Mais la police était Si mat Orgaflisée que liS attentats
POUvaient CLre penis
, inais Presque jarnais l)ndvenus. Cot état
de clioses exCitait l'indignation des gens paisibles, qui en , tout
pays fon,ner,t to fonds de la population. A Paris Ia bourgeoi-
sic lit entendre sea plaintes, et to service de twit fut pendant
quelque terns partagC entre les citoyens et les soldats. Cot exem-
Pie fut suivi dat,s ptusieurs villes de province par les mar- ,
chands
ces soutiens naturels de Ia tranquillitO publique. Mais
a Dijon la croisade contre les malfaiteurs s'organisa avec moms
do regulanjte. Les écoiiers entreprirent de faire la police de la
Vi l le : i t s so néunirent Ic SOir par bandes t so mirent it marcher
dans touts les directions avec des demonstrations moitié pa-
cifiques moitlé menacantes. Tout alla bien pendant quelques
jours ;
mais lonsque ces patrouilles eurent fail plusieurs battues ,
Sans trouver de malfaiteurs its voulurent utiliser leurs rCu-
nions nocturnes et Comniencérent a s'ametlter contre les gem
d'une reputation Cquivoque. Its so répandirent daus les rues
dchauffés Souvent par le vin; its cernaicril los maisons do cer- ,
talus bourgeois
tantes . poussant sous les fenétres des ciameurs insul-
Ceux-ci appeltjent fours amis pour nepousser 1'aggres- ,
Sion ; de lit des querelies a a la
, des combats coups de pierres
fin desquels on releyajt toujours quelques viclimeS. La justice ,
interyjnt
et ces excég OC avail figure Candolas, durent cesser
quand elle cut (alt anréter les deoliers signales cotnme les plus
turhulens

Mais ceux-ci avaient beau jeu pour accuser lee magistrate. ,
I Soit mauvaise volonté, soiL défaut de Iumières i t s n'avaient
encore fait jaillir de l'instruction sur la mort violente do Bur-
déus aucune preuve , aucun indice do quelque valeur. On di-
saiL cependant qu'on avait fouillé tous les repaires de inalfai- ,
:
teurS qu'on avaiL explore tons lea environs de la yule , nulle
trace de I'assassioat ni du vol. Les criminels quels qu'ils fus-
sent, avaient disparu tout-4-coup sans laisser prise an soup- ,
con sans trahir par to moindre sigue four fuite ou four pré-
sence. L'examen du cadavre avail surpris les hommes do l'art
) de trois blessures mortelles faites it Burdéus l'une était din-
gee d'arrière en avant et une autne cdl sons inverse aboutissait
a Ia premiCre ; Un morceau de lame Ctait resté dana to plaie,
doé l'on avaiL conclu que le marchand avaiL étd saisi par ,
I deux hommes qui l'avaieut frappé en memo Wins et que lei
deux poignards avaient Pu so bniser en se rencoutrant. Cepen-
dant Gairand assurait quo des deux assassins (1W les avajent as-
saillis, l'un s'était attaché a Biirddus et I'autre a Iui-mCm. Une
autrecirconsLanco quinedoublait l'obscunitC do cette atlaire, c'6-
*I l'or trouvO a que!ques pas de la victime ; les gens de l'au-
berge du Roi-Henri,dépoSaflt commetérnOins, affirmaient quo ,
Burdens avant do sortir, avait declare qu'il n'einportait sun ,
lui ni or iii argent attandu quo la yule n'dtait pas sire etqu'iI
reviendrait peut-CLre Lard dans to aWl.
&airard de son côté avail dJL dans lea premiers niomens qu'on
no lui avail pris que qiielqties COOS d'aigent. D'o* venait done
cet or repandu sun l'henbe ? Le président de la chambre crimi- ,
nelle vieux magistrat disait n'avoir jamaiS vu d'affaire plus
tCnCbreuse, et Claude Crairand manifestait hautement sa sun-
prise. Quand on lui demandait s'iI saurait reconnoitre los ag-
gresseurs it rOpondait quo la nuit lui avail ddrobé fours traits:
une legere entaille
la blessure qu'il avail recue a la main était
qui seinblait faite avec Ia lame d'un couteau elqui depuis long-
lems était cicatniséc ; mais to souvenir do cello sanglanle 501-
née no paraissait pas s'affaiblir dens son esprit. On remarquait
I lui une sorte do Iressailloment toutes los fois qu'on raison-
nail de v out mi sur celte catastrophe problCmatique; mais 011 i'at-
Lnibuait aussi bien que son extreme trislesse à,'impression d'une
telle scene el aux regrets quo lui iaiSSSit la Porte d'un homme
dont it avail Presque W l'ami. II s'etait pee-a-pen retire des
reunions publiques et privécs st 00 sortait gure quo pour

remplir los devoirs de sa charge. 11 passait le reste de son tems ,
avec son secrétaire Esbaldi qui travaillail des journéea enti-
nes dans son cabinet. L'intimité do ces deux homrnes s'Ctail ,
sensibiemenl accrue et le service actifde l'Ilalien étail récom-
ponsé asaez libdralement pour €u'à son ancienne misCre cut ,
succCdé une sorte d'aisance car it s'dtait signalé nCcemment
par des dons quo sa devotion avail fails aux couvens de la
Ville.
Le président exigea one fois quo la veuve do Burdéus, vi- ,
vant It &imond dans la relraile vint faire sa deposition et an-
toriser de sa signatuTe les poursuites judiciaires contre les ,
meurtriors do son man. SCraphine arniva en grand denil plus
belle quo jamais sous ces vétemens noirs qui prétaierit a ses
traits une expression imposante et sévére. Cc n'dtait plus la
jenne fille donl les sentimens irnpCtueux se tnahissaient malgré ,
die : c'était une femme maitresse de sa coutenance de sos re-
gards et de son langage. Sa volontC avait grandi nu-dessus de ,
SOS passions non pour les Ctouffer, mais pour les coutenir ; elle ,
savait leon donner Un masque el lorsque sos grands yeux
noirs s'arnCtaionl sur queiqu'un i t
, s n'auraient expnimd ni
l'amour *11 la haine avant qu'eile I'eüt permis. Tolle elle so prC-
senla impassible ethautaine. Claude Gairard Ctail là pour pro-
voquer sa deposition et Esbaidi pour la recneilljr.
C'était une dlrange scOne que cello-la i Ia voix de Gairard
tremblait en inlerrogeant et la main d'Esbaldi tretnblajt en écri-
vant.
Void une parlie do l'interrogatoire: , ,
— Quo! jour deniarida Gairard avez-vous on connaissance
de !'assassinat do votre man P
— Le lendemain soir seulement.
— Que!leaetC votro premiere pen sée?
— Jo no vous comprends pas, nCpondit SCraphino on regar-
dant fixemenl Ic conseiller. , ,
— Jo vous deniande repril celui-ci sans lever les yeux Si
vous avcz suppose quclque motif a cello action cniniinolle P
— Aucun
Savioz-vons quo Ia viclime cCt un enneini P
-
..- Jo ne mi , cOflnajssais que des amis. ,
Madame ajouta Ic président permeuez-moi iino question
quo moo devoit- eel de vous adresser. Pendant Ic you do tents —

,
quo vous avez etC unis votre malheureux époux a-I-il toujoura
vCcu on bonne harmonic avec vous P
Toujours. C'esl nn tCmoignage quo pout rendre aussi M. ,
Ic conseiller Gairard mon ancien tuteur el noIre ami.
Gairard s'inclina en signe d'assentiment. Séraphine sourit
avec dédain , ,
— Ainsi continua Ic président vons no snpposez pas quo
Ic ddsir de vous nondre lib.rc soil entrC dans la pensCe des
meurtriers. ,
Avant de rdpondre Séraphinc consulta to regard du prési-
sident. Elie vil aussitôt quo ces paroles no reuformaient aucune ,
arnière-pensde et dIe dil sans se troubler:
—. Je ne suppose neil do semblab!e. ,
Enfin madame savez-vous si quelqu'un alirait dIC pre-
- ,
venu d'avance du voyage do Burdéus a Dijon?
.- Jo I'ignore. ,
- II suffit , madame ; vous altez signer la pièce Ia plus im-
portante cello qui present l'information controles assassins,
et vous serez fibre ensuite de vous mImer.
Le président passa on instant dans la salle voisine . Esbaldi
prit On prétexte pour to suivre. hestés en presence I'un de
l'autne, Séraphine ot Gairard s'examinèrenl avec anxiCte, lul ,
pour deviner ses secrets sentinlens , elle pour pressenUr me
rCponse car cite se hàta de Iui dire lout has
— Et ma lettreP
- Bi'ñlée, répondit Gairard. ,
Un éclair dejoic illumina sa pitysionomie et quand Gairard
mi demanda a Ion tour:
- El votre amour, Sdraphine?
Elie se leva on silence et marcha au-deyant du président qui
rentrait. Elie signs l'acte de poursuito, puis dIe rabaltit son
voile noir sun son visage, le président l'accon]pagnajusqu'a la
Porte de Ia salle en Iui lémoignant bus les égards quo corn-
niandait sa situation. Elie montaen carrosse el s'éloigna pour
ietourner a Giniond, oh dIe devait attendre la fin de son deijil , ,
Le soir do Ce ménie jour Candolas qui allait rejoindre
qnelque troupe joyeuse , so sentil toucher la main par Une
femme du people quilui remitun billet ainsiconçu:
A sept heures sontez de Ia Ville par la Porte du Nord; ha-
sardez-vous soul a deux cents pus dans l'endroil to plus isolé:
vous y trouverez quelqu'un, arni ou enuomi , 4 votte ehqj.

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