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Chroulque Judiciare0

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Chroulque Judiciare0
Nous avons encore a signaler un de ces incidens qui
sembleraient annoncer, chez certains magistrats , la con-
viction qti'ils peuvent juger par intuition. Le législateur
a moms présumé des lumières de la justice on instituant
, l'ordre des avocats.
Me Gaudry plaidait ce matin, devant la ire chambre,
une atTaire qui intCressait la liste civilo ; it s'agissait de
savoir si Ia liste civile pout exiger Ia fermeture de portes
et do fenêtres ouvertes sur la rue du Carrousel. Arrivé
an milieu do sa discussion, l'avocat so disposait It passer
en revue leg ditlCrentes lois qui règlent la rnatière, lors-
quo M. to premier président l'interrompt aussitôt pour
donner la parole a M. l'avocat gCnéral.
a hs-
M. MONTSAItR&T domande la remise de la cause
tame , exprimant le dCsir de consulter leg pieces avant do
conclure.
M. LE 1'REMIRR PRESIDENT Alors, Me Gaudry,
continuez pour M. lavocat gCnéral.
Me pour faire connaltre la constitution do Ia
GAUDRY, a
lisle civile , se reporte naturellement l'époque oil leg
premieres lois furent rendues ; it rappelle quo le bilti-
mont en litige était ernployé It une manufacture de
tabac.
M. LE PREMIER PBESIDENT , l'interrompant vivement:
Oui , oui , Dons le savons ; la manufacture Robillard:
tout to mondesentaitcela en passant. Serrez , serrez ! ...
HeGA1cnRY : Cc fait étant connu , j'arrive it la. légis-
lation.
I mais son nom son nom
l'amour quo j'irai mi demander. . . ,
I pour le porter quelques jours seulement , one heure , s'iI Ic
faul , assez de teinl pour qu'il n'y ait besoin quo de moi pour
victime.
Jo ne saurais to dire si cc fut faiblesse on resolution do la
a a
part dc Martial , maisil céda la volontéde Diane et la crainto
qu'il Cprouvail it la laisier en proie ii cette solitude qu'on lui
avail faile dans l'isolèment fatal que Ia nature Iui avail icposé.
I D'ailleurs Ia prCsencé de Diane pouvait Cveiller des remords on
I de la piliC dans le &aur d'Asthon ; enfin it céda.
us partirenit des quo Diane fin assez forte pour so lever, et
Nantes le soir mCme ott se prononcail lejuge-
p us arrivèrent ii
I ment de Leonard; iIse cachèrent dans un hôtelobscur, 01 Mar-
tial parvint facilemeut ii savoir oti étaient descendus son pare
so rendit ehez Leo-
I et sea frères. Des quelejour parut, Martial
Scour avait exigé qu'il fit remetire simplement on
I nard , Ii qui sa
I billet ainsi coucu :
dont Ia vie depend do In promptitude de M.
I C Une femme ,
a se rendro pres d'elle l'attend ce maIm rue
Leonard Asthon , ,
I Royale , hétel des Etrangers.
Martial avait remis 10 billet a l'hôtel d'Asthon , sans faire at-
I tention qu'un domestique lui avait dit :
— On be remettra it monsieur des qu'il sera rentrC.
Mais a quelques pas de là Martial so demanda pourquoi Leo-
a
nard était sorti si maIm ; it retoürna sur sos pas ci s'informa
ae domestique s'il savait Ia cause do l'absence de son maitre;
celui-ci lui repomuit que M. Asihon était sorti en voiture avec
deux de sea et qu'il avail entendu donner l'ordre an co-
amis ,
cher de se rendre a la Houssinière. Cela ressemblait trop a un
arrangement de duel pour tie pas alarmer Martial; it avait
court' sur-le-champ a l'Hôtel de France, ci des informations
encore plus précises lui donnCrent la certitude que la rencontre
que sa smur voulait prCvenir allait avoir lieu. Alors , sans cal-
color dans quelle anxiété it laissait sa scour, oubliant to billet
qu'il avait laissé chez Leonard Asthon , sans reflechir qu'il Ctait
trop tard pour que son intervention pIll être utile , it avail pris
un cheval it avait courn an lieu du rendez-vons et tu as vu
, a ,
I comment it y était arrivé , comment-, exaspCré Ia viie de ses
frères frappes de mort, it avait voulu leg venger, et comment
cnralué par
it avail etC arrété par son ptre Ct , lui. N'oublie

M. LiPREMIER I'RSIDENT : A la loi de 1832, qui
détormine les immeubles dévolus a Ia liste cwile
Me GAUDRY : Avant tout , je dois lire cellos de 1791
et de 18 15 , car, a la premiere de ces époques , existait Ia
manufacture de tabac , dans une portion du bltiment quo
Ia liste civile voudrait considCier comme une depen-
dance du Louvre : voilà pourquoi j'ai dft parlor do Ho-
billard ; je dois Cgalement m'appiryer sur la lot do 1814,
parce que colIc do 1832 s'y référe.
M. L1 PREMIEH PRÉSIDENT , avec insistance : Luez-nous
la Ioi.
plus a
Me GAUDRv : Je no plaider ainsi. (11 se rassied
l'instant même. )
: Eli bien ! a huitaine avec M. LE PREMIERI'IIIiSIDENT
M. l'avocatgénéral. (Puis se tournant vers MM. leg con-
seillers , qui semblent voir cot incident avec peine.) Ii ne
vent pas plaider, it no vent pas lire los lois.
He GAUDRY : JO DC refuse pas de lire les lois , mail je
no puis m'en tenir It la lecture d'une sonic.
M. LE PRaMIER PRIlSIDENT : Lisez done et terminofis.
Les inomens do Ia cour sont précieux ; elle a bien d'au-
tres affaires Ajugor.
Me Gatidry donne lecture des lois , et se retire ävec
l'expression d'uti triste étonnemetit quo scmblo partager
le barreau.
— Le sieur Philippe est homme d'affaires chargé près
des hommes d'affaires , c'est-à-dire qu'il s'entremet vo-
lontiers pour leg gens qui ont des intéréts a dCbattre ; it
protnet de fournir l'avoué . de fournir l'a'vocat, an besoin
it s'engagerait a fournir lesjuges , to tout moyennant une
retribution qui ne doit faire quo passer par ses mains
tnais qui Ic plus souvent liii reste entre leg doits. C'est
pour un oubli do co genre qu'iI comparait aujourd'hui
devant le 7e chatnbre.
Avant méme qu'on l'interrogè , it s'Ccrie douloureu-
seiTient en ãppuyant Ia main stir son front c Messieurs,
vous voyez on moi nue victirne du cholera ! Ayez pitié
d'une victime du cholera !
M. LE PRÉSIDENT : Qu'est-ce quo vousdites? Il s'agit
d'nne somme do 25 ft. quo vous avait conhiCe is demoi-
selle Simian pour l'ernployer dans ses intérCts , et quo
vous vous Res appropriée.
iPliILIPPE : Justement ! . . . c'est la faute de cc gueux
de cholera.
M. LE PRESIDENT : Expliquez-vous.
PHILIPPE : D'abord j'ai fait des démarches pour Mile
Simiau , et it fant qn'elIe suit d'un bien petit genre pour
me réclamor uno pareille futilité.
M. LE PRESIDENT : C'est que précisément it est Ctabli
que vous n'avez fait aucunc désnarche.
PHILIPPE : J'ai Cent is son propriCtaire qui m'a fait
celui de ne pas me répondre. . . Mais tout ca ne serait
non sans le cholera.
M. LE PRESIDENT : Enfin , dites-nous done cc qüe le
cholera a de commun avec Ic fait qui vous amène ici?
PHILIPPE : Mae Simian n'a-t-elle pas osé porter plainte
a M. le procureur du rot pour sos pauvres 25 ft. , dont
je me moque comme do 25 liards.
M. LE PRÉSIDENT : Elle a trés-bien fait.
PHILIPPE : Ca depend de la manière do voir. . EnfinM.
le jugo d'instruction m'a Cent, et je me suis empressé de
me rendre prés do lui pour mi rctnettre ctte petite
somme. . . On me rCpondit quo le cholera l'empêchait do
venir a son bureau.
M. LEPB.ESIDENT : Voici to recu des 25 fr. que vous a
remis M 11 Simian ; it est date dii 14 fCvrier 1836.
PHILIPPE : Je ne dis pas to contraire ; Je suis incapa-
ble de flier men paraphe.
M.
LF PRESIDLNT : Très-bien; mais, en 1836, 11 n'C-
tait plus question du cholera.
PhILIPPE : J'irais vous faire un pareil conte , n'est-ce
pas ?• • Je vous dis moi qu'on m'a rpOndu cola et
, , ,
que le cholera..,
PRÉSIDENT : Assez ! Si vous n'avez pas
M. E . . .
d'autres explications a donner.
Le tribunal dClibére. Aussitôt Philippe Se léve , et
d'une voix tonnante e C'était la grippe!
: . . . je me rap-
pelle ! . . Jo coufondais ! . C'étaic la grippe! De-
. . . ...
mandez a ces messieurs."
M. LE PRÉSIDENT : C'est entendu ; to tribunal est en
délibCration.
S'JIILIPPE Je suis victime de la grippe!
: ...
Philippe est condamné a un mois de prison et 25 ft.
d'ainende.
Après Ce jugement it s'adresse a un avocat ; it lui dit:
(C Maisje no me trornpe pas, la gripperégnait en 1836...
j'en suis sfir c'était la grippe. Voudrez-vous vous
, . .

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