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Hour et Malheur.- (SdiLe.)

Hour et Malheur.- (SdiLe.)

- Avec cela, reprend Pignolet, lorsque sa femme eat en état do l'enten-
-dre, it eat aSsez étonnant que nous ne voyions point Paul.
Bah
- ! répond La mere, dent lea funestes pressentimens se sont dissipCs
devant l'excellente nouvellequ'on vientde lui apporter, ii s'arnuse sans doute
cur la route avec des camarades.
- Joli tems pour s'amuser ! Le tonnerre approche la nuit est hor-
rible ! ,
- II ne pent tarder a nous embrasser, Ic cher enfant.
- A moms que l'essieu de son coucou me casse, comme it vient d'arriver
to VOiture d'Athanase Bonnard.
-
- Monsieur Athanase est id ?
- Oui, avec son ami Alphonse, qui vient de me payer Un bol do punch
-Ru café... A propos, to ne to douLajs point, toi.. notre
j'ai appris ce Soir. ..
intrigante de Bonnard veut marier son fils. Elie a remué ciel et terre... on .
ni'a cite sea mantauvres pour amadouer la famille de la future.. c'est a en
Is .
Tougir pour vie. Mais qu'itnporte a cette femme une bassesse de plus?...
A propos, devine qul dIe destine a son bean commandant?
- Quo sais - je? al - jo le lojair d'y songer?
- Eh bien ! la fille du general.
- Mite Clara? dit Pignolet avec on étonnement auquel succéda
un sentimentdouloureux, lorsqu'elle songea aux secretes espérances do son
fils.
Clara, oui Clara. Et M. Jo baron
- tie Truffaut eat, dil-on, très.favorable-
anent dispose pour le chevalier do Bonnard On ajoute que ía jeune-pre-
inhere West point insensible I la tournure distinguee du capitaine, k sa belle
chevelure, a sea elegantes mOuslaehes noires, et...

interrompit Mm Pignolet en se rappelant leg confi-
- Ce West pas vrai
dences de Paul. ,
- soir an
- Ce West pas vrai ? Il est fort celui là ! Tout In monde en parfait ce
W6 exceptd devant M. Alphonse, bien entendu.
, ddbite a Poissy. La belle
- Le café eat la source des sottises qu'on
preuve!
Celle femme-II ne veut rico croire ! dit Pignolet avec humeur.
-
En ddpit de Is clartd rdpandue dana la salle par une chandelle brClant sur
la tablette de Ia cheminde la luour d'un éclair jaillit soudain et éblouit nos
,
trois personnages. Un violent coup do tonnerre suivit.
- Quel tems ! s'dcrie Mme Pignolet, qui sent renaltre son inquietude. Pau-
yre enfant ! it est peut-dtre an milieu de la forét. Heureusement it no pleut
pas, ajouta-t-elle après avoir prêtd l'oreille.
C'esl Un orage sec. Il West que plus dangereux fait observer l'ancien
- ,
musicien.
Malgré le bruit cause par la voix de celui-ci et par le tonnerre, on entendit
de nouveau retentir Ic marteau sur la cloche de Saint-Louis.
- Dix heurea et demie ! dit M Pignolet en rdfldchissant I l'heure avan-
cde de la soirée, et Paul ne vient point! C'est inexplicable. I1 tie peut me sa-
voir instruite do la decision do conseil, et it dolt avoir hate de me l'annoncer.
Pignolet, ne pourra)s-tu t'informer?
- Par un tems pareil courir les rues? to te moques de moi. Wail.
leurs tout le monde eat rentrd. Moi-même, j'Cprouve on grand besoin de
douleurs Wont repris je suis fatigue
sommeil. Mes , , souffrant, et je vais
me coucher.
11 est toujours soufl'rant quand it s'agit d'obliger, murmura Cdlestine.
-
Le despote n'entendit point l'observation de sa belle - flUe. IIs'empara d'un
flambeau et se dirigea tranquillement vera an chambre
, laissant lea deux
femmesse livrer en libertd a toute lear inquietude.
Une demi-heure s'écoula encore
, et la rue demeura toujours silenciense;
la mere et la lille, immobiles, muettes, accroupies dana on coin do Ia salle a
manger, et en proie a la plus vive anxiétd, atteridnient....
Enfin, tin bruit sourd et cadence parvient a burg oreiUes. Elles étendent en
méme tems lea bras pour se le signaler et se recommander one attention reli-
gieuse. Le bruit so rapproche et devient distinct. C'est celum d'un homme
qui se héte en marchant. C'est Paul. On reconnait sea pas qui retentissent
Uan s le corridor !
...
CClestine so précipite sur Ia porte d'entréa, suivie de M" Pignolet La
porte s'ouvre et Paulparait en dIet. .
Asa rue lea deux fenimes restent petriflees. La figure do l'artiste est
,

l'une pleur mortelle. Son teil eat dgaré, sa dmarche ahurie
; sea traits sont
bouleversds sea vétemens en déaordre. II no salt pas -répondre aux caresses de
,
ia mere et de sa smur ci aux questions dont elles 1'accalent. On Toil qu'it
s'efforce de dissimuler lea sentimens qui l'agitent, mais sa figure contracide
ne manifesto que trop l'état de son awe.
-. Mon Dieu! a'dcrie Me Pignolet, devenant auaai pâte que son flls,
ci d'une voix éteinte, mon rnari nous a-i-il trompées ? Paul n'es-tu point.
rê form é? ,
Si, ma mere, Si
- , rdpond Ic jeune homine d'un air sombre.
- Réform ! Eh bien ! alors, comment n'es.tu pas aussi heurcux qucs
nous?
- Je suistrès - heureux, ma mere, etc'est pour to faire part de mon bo'a-
heur que je suis venu ici !
...
— Pourqiioi me dis-tu cola d'un ton qui me glace de terreur ? repri i nd
MmePignolet en tremblant do tons sea membre. Crois-tu Wen impo s er par
tea paroles menteuses ? Allons, cher enfant, aie pitié de nous confie -mol
. . . ;
lea causes do chagrin qesret qu'accusaton visage.
- Quel chagrin puis-je avoir, ma mere ? dii I'artiate en se levant P ar on
mouvement couvulsif et avec on aeecnt plein d'amertume Jo suis fibre ii
compter de ce jour! L'avenir s'ouvre brillant pour mot ! Unemuar digne
de louange va dana pen me donrier quclque renommée. Je sins pet it - étre it
la viille d'avoir un now glorieux et d'être riche. Si je n étais he areux,ji,
serais bien difficile !
- Alors, pauvre cher enfan t , continue Mme Pignolet en SuIVijflt de l'jl
son fils, qui se promène Igrauds pas dana la salle, pourquol tea traits soot-
its renversés et tea yeux scibres , et pourquot ton front es'.-ij chargé do
nuages?
L'artisteregarda sa mèreet no répondit rien.
- Pourquoi, continuneclle - ci, tea bras se raidissent - its ainsi, CL pourquoi
cette agitation qui in dé(ed de rstcr en place
L'srtiste s'arréta court poussa Un profoni soupir et no rCpondit
,
point.
Mm Pignolet alla a lui, die promena so main dar 15 sea cheveux et lul-
dCcouvrit to front s comme si elle et'it espére y lire Los 'enses qul torturient
le jeune homm. Elie l'ttira sur son scm, et, d'und voi x basso émue et
timide, car cUe craigilait que sea paroles n'éveilha.ssent des tempdts
nile
dii: _ ,
Paul, des bruits mensongers sont-its vc11115 jusqu'a toi ? Penses - tu
que ton pur amour pour cette Jeufle flue est payé d'iugratitude ? Cc prCteadu
manage d'Athanase avon Clara...

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