Keywords

Add keywords

Novembre.

Novembre.

L'admiaistratiori des douanes vient de faire paraItre le tableau du
commerce en 1842. Nous allons en extraire le résumé des princi-.
paux résultats, qui, nous avons le regret de le dire, tie sont pas des
plus satisfaisans en ce qui concerne le commerce extérieur.
Le commerce extérieur de la France, considéré dans son en-
semble, a porte, en 1842, sur une valeur totale de 2 milliards 82
millions. C'est 105 millions de moms qu'en 1841. La reduction a
xclusivement affecté les exportations, dont la valeur totale, soit 940
millions, est infërieure de 12 p. 100 an chiffre de 1841. An con-
traire, l'importation, dont le mouvement général représente one Va-
leur de 1 milliard 142 millions, a conserve la marche ascendante
qu'eIle a constamment suivie depuis 1837 ; elle est supérieure de
•2 p. 100 an chiffre qu'elle avait atteint en 1M1.
Des faits analogues se sont produits an commerce special, dont la
valeur, s'élevantâ 1,491 millions, importations et exportations réu-
ioo
nies, est de 5 p. au-dessous.de 1841. Ici encore, Ia difference
porte sur l'exportation. La valeur des produits riationaux expédiés
pour l'étranger ne s'est élevée qu'à 644 millions , ce qui présente
15 p. 100 de moms que l'année précédente , tandis que les pro-
Iuits étrangers mis en consommation, et dont la valeur a été de
S46millions, ont excCdC de 5 p. 100 le mêmeterme do comparaison.
Les Etats-Unis fIgurent pour 176 millions on 15 p. 100 dans les
importations génCrales, et pour 135 millions on 15 p. 100 dans
elles qni concernent le commerce special; sous l'un et l'autre rap-
port, cette puissance a done occupC Ic premier rang dans t'ensemble
41u mouvenient general de notre commerce extCrieur.
L'Angleterre vient ensuite ; la valeur des niarchaudises importes
1e ce pays a atteint 154 millions, dent 112 oat alimenté notre com-
merce extérieur; c'est un accroissement de 10 millions sur l'année
précédente.
Les importations do Ia Belgique ont fléchi, tant an commerce gé-
néral qu'au commerce special . Celles des états sardes out diminué
aussi dans une forte proportion.
Les valeurs que nous avoris rcçues de l'association allemande
Wont pas vane an commerce général, mais offrent une augmen-
tation de 14 p. 100 an commerce special.
Des résultats simulaires se remarquent pour la Suisse.
Pour nos colonies , les marchandises importées out présenté un
excédant de valeur de 6 millions an commerce général et de 3 mil-
lions au commerce special.
Pour nos exportations , c'est l'Angleterre qul , on 1842, tient le
premier rang. Elle n'occupait que le second rang l'année précC-
dente. La valeur des marchandises de toute nature que cette puis-
sance a reçues de France s'élCve a 159millions, dont 92 provenant
de la production nationale. En 1841, nos envois en Angleterre
avaient Cté de 164 millions, et, dans cette somme, les produits de
noIre sol et de notre industrie figuraient pour 108 millions ; it y a
done diminution sous ce dernier rapport.
La Suisse, au contraire , n'avait pas encore participé dans une
a
aussi forte proportion notre commerce d'exportation. Nous avons
envoyé dans ce pays, en inarchandises diverses, pour une 'valeur
de 96 millions, dont 40 millions de produits nationaux.
Jusqu'C-présetit, les Etats-Unis avaient été notre plus importantdé-
bouché. En 1841, its étaient encore places on premiere ligne dans
notre commerce d'exportation. En 1842, its ne s'y présentent plus
qu'au quatriéme rang ; nous n'avons envoyC dans les états de l'IJ-
nion que pour 82 millions de marchandises de toute provenance;
c'est une difference en moms de plus de 100 millions sur 1841. An
commerce special , la reduction est de 73 millions.
Avec l'Espagne , nos relations se sont aussi ralenties de 29 p.

a
100 dans flog envois généraux , et de 26 p. 100 l'égard des pro-
duits nationaux.
Pour nos colonies d'AmCrique et de l'lride, les exportations sont
réduites de 5 millions. Pour l'Algérie, cites suivent toujours one
marche progressive; mais c'est tout simple: cela signifie seulement
et mallteureusement que nous y dépensons to surplus des sommes
qui y sont versées par le trésor public dans une progression de plus
en plus effrayante.
Si l'on passe a l'examen du mouvement commercial considéré
sous le rapport de la nature des produits étrangers qui l'ont au-
menté, on reconnait qu'il y a on accroissernent dans les trois grande5
divisions de marchaudises que la France a reçues pour la consoin-
a
mation intérieure , savoir : les matières premieres nCcessaires
l'industrie, les objets de consommation naturels , et les objets de
consommation fabriqués . Le méme résultat se remarque au com-
merce général, sauf pour les objets fabriqués, qui sont en décroisse-
meet de 10 p. 100 . C'est sur les objets de consommation naturels
que l'augmentation a particulièrement porte. Elie est de 9 p. 100
an commerce gCnéral et de 14 p. 100 au commerce special. A
l'égard des matiéres premieres pour l'industrie, les chiffresde 1841
Went été dCpassés que de 3 p. 100 seulernent.
Parmi ces derniéres mattéres, le colon est compris dans les im-
portations générales pour une valeur de 142 millions , d'oü it r6-
suite uneaugatentation de 12 rnillionssur 1841.
Les autres augmentations portentsur les bois cornmuns,les peaux
brutes, les fits de chanvre et de lin, l'indigo, l'huile d'olive, to cui-
vre,le suif brut.
Au nombre des matières premieres dont l'itnportation a décru,
on remarque tes soies et les lames, to tabac, les bois d'ébCnisterie,
la graisse de poisson et la cochenille.
Des deux divisions du commerce d'exportation , Ia premiere,
qui a pour objet les produits naturels , offre an commerce general
une augmentation de 9 millions. Mais les objets manufactures ont
flCciti de 19 p. 100.
Dans l'ensemble , Ia valeur des produits de notre sol et de notre
a
industrie envoyCs l'étranger a diminué de 117 millions. Lesviris
figurent dans ce ralentissement pour 12 p. 100, et les eaux-de-vie
pour 22 p. 100.
Mais c'est surtout on cc qui concerne l'exportation des objets ma-
nufacturés provenant de nos fabriques qu'une fâcheuse diminution
s'est manifestCe. On citera en premiere ligne les tissus de sole , sur
lesquels it y a eu reduction de valeur de 50 millions (31 p. 100);
puis les tissus de coton, qui ont offert one diminution de 31 millions;
a
enfin les tissus de un et de chanvre, dont la valeur, l'exportatton,
a fléchi de 9millions. De moindres reductions affectent les tissus
de poils, les peaux ouvrées , le sucre rauliné et la parfumerie.
Les savons , l'orfévrerie et la bijouterie sont , parmi les objets fa-
briqués, les seuls articles de production nationale dont l'exporta-
tion se soiL accrue.
Nos entrepCts ont reçu, en 1842, 9 millions de quintaux métri-
ques de produits divers évaluCs plus de 636 millions; c'est , sous Ic
double rapport du poids et de la valeur, le chiffre le plus élevC qui
a
ait Cté constaté jusqu'ici. Il est supérieur de 7 p. 100 ceiui de
1841, et de 18 p. 100 a Ia moyennequinquennale.
En les citant, sous to rapport des valeurs entreposCes , par ordre
d'importance , les entrepOts do Havre, de Marseille , de Bordeaux,
de Lyon , de Paris, de Nantes et de Rouen , sont ceux qui ont prin-
cipalement pris part a cc rnouvement. Tons ces entrepCts , excepté
oelui de Lyon, ont plus reçu, en valeur et en poids , que pendant
l'année 1841.
a
An Havre et Marseille se sent concentrés les deux tiers de bates
a
les entrées en entrepôt. La premiere de ces villes a reçu, ce titre,
dans ses magasins, 2,167,179 quintaux métriquesde marchandises
diverses , représentant une valeur de 228 millions. II est entré dans

I'entrepOt de Marseille pour 214 millions de marchandises , du poids
de 3,776,147 quintaux.
a a
A Bayonne, Metz et Toulouse, it y a on diminution dans le
poids et la valeur des marchandises entreposées.
Sous l'un et l'autre rapport , an contraire, le mouvement de l'en-
a
trepOtde Paris étésupérieur celul qui fut constaté en 1841. II
a
en a etC de mérneà Rouen et Dunkerque, üé, en 1841 , le mouve-
ment de l'entrepOt avait fléchi.
a
Les sornmes payées pour primes se sontélevées 11,544,044 fr.
c'est 3,114,536 fr. de moms que l'année précédente. Les sucres
raffinés y uigurent pour 6 millions, et les tissus de lame pour 3 mil-
lions et demi.
Parmi les marchandises exportées sous bénéfice de prime , les
soufres rallinés , tes savons de toute sorte et le plomb battu on la-
mine out offert des differences en plus assez notables, et it y a eu,
an contraire, de la diminution en ce qui touche les tissus et les fits
de colon , les sucres ratlinés , los fils de lame et l'acide sulfurique
Les retours de la grande péche ont on plus d'importance qu'eii
1841 et que pendant chacune des années de la période quinquen-
nale, sauf toutefois 1839. Its ont porte sur 432,913 quintaux métri-
ques de produits divers, et dont la morue forme Ia parlie principale;
t'huile de baleine et de cachalot y figure pour 32,635 quintaux.
Cornme do coutume, les morues ont etC principalement expor-
a
tees destination des colonies francaises : sur 78,229 quintaux , on
y en a envoyé 50,678 quintaux, on les deux tiers ; to surplus a été
expédié , en majeure partie , pour l'ltalie. ConsidérCes dans lour
ensemble, les exportations de morue ont excédé de 12,556 quin-
taux celles de 1841.
a
Les droits de toute sorte pei'çus par les douanes se sont Clevés
204,550,269 fr., somme supérieure aux perceptions effectuCes pen-
dant chacune des années antérieures.
Ces résultats off rent un excédantde 11 millions sur 1841 , et de
28 millions sur Ia moyenne quinquennale.
Les droits d'entrCe ligurent dans l'augmentation de I'année pour
7 millions , et la taxe sur les sets pour 3 millions.
Parmi les marctmandises dont to inouvement d'impertation a le
a
plus contribué l'accroissement des recettes , se placent d'aborl
les fits de chanvre et de un et les céréates. Chacun de ces deux ar-
ticles figure dans l'ensemble des augmentations pour 2 millions.
On y trouve ensuite le sucre des colonies françaises , le café,
l'huile d'olive , chacune de ces derniCres marchandises pour 1
million. Il y a eu une diminution d'environ 3 millions dans le
montant des droits recouvrés sur les sucres étraugers , et de 1 mil-
lion dans les perceptions effectuées sur les lames.
a
Les droits perçus l'entrée sur les autres articles Wont on , on gé-
nCral, que peu d'influence sur Jes recettes.
Ainsi , en derniére analyse , les produ its de notre sol et de notre
a
industrieont subi l'exportation one réductionde 117 millions;
a a
mais, en revanche, le trésor a perçu l'entrée de 10 28 millions
a
de plus que précédemment. Vous voyez mainteriant quol servent
les droits do douanes , ditsprotecteurs de t'industrie et de l'ayricul-
use,
ture! Ce qu'ils protègerit le plus , c'est assurément to qui n'y
perd jamais rien. Vous voyez comme les droits protecteurs ne nous
empéchent nullement do retirer do l'étranger, coilte que coCite los
a ,
matières qui sont indispensables C notre industrie on notre ali-
mentation personnelle taudis qu'ils ont pour contre-coup de nous
,
termer par représailles les marches de l'étranger

Afficher/Cacher

Afficher/Cacher