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flouen, 12 Seplembre.

flouen, 12 Seplembre.

Les feuliles ministérielles de France et d'Angleterre continuent
& célébrer, sur tons les tons, les heureuses consequences du voyage
de la reine Victoria an château d'Eu ; Cost, disent-elles, un nou-
a
veau gage de la bonne intelligence qui va régner tout jamais entre
les deux nations et les deux couronnes.
Quant aux couronnes , nous ne doutons pas qu'elles s'accordent
parfaitement ensemble. Un ce cOté-ci du detroit on est trés-dispose
a vivre an mieux avec les gouvernernens qui reconnaissent et cares-
sent le principe dynastique. Et de l'autre cOté de la Manche on n'a
point A se plaindre , le moms du monde, des procédés officiels
du gouvernement français. Nous ne voyons done pas quel nuage
viendrait obscurcir les joies de la récente visite de la reine d'Angle-
terre.
Quant aux deux nations, les choses ne vont pas tout-à-fait aussi
simplement. Pour notre compte et celui de l'opposition, nous ne
demanderions pas mieux que de voir Lomber tout sujet d'animosité
entre La France et L'Angleterre : nous concevons fort bien la pros-
périté de la France, sans quo pour cola le peuple anglais Cprouve le
inoindre prejudice. U y a pour le bonheur des deux peuples place
sous le soleil , et , de part et d'autre, ii y a plus a gagner en culti-
a
vant le commerce et I'indus(rie , en donnant l'essor ses facultCs
productives , qu'en se tirant des coups de canon et en cherchant it
se ruiner, on tout an moms it s'humilier réciproquement.
Mais Si , sous ce rapport, l'intérCt du peuple anglais est le niCme
que celul de la démocratie française; Si les doctrines de fraternité
et d'émancipation , qui constituent le fond de la politique française,
doivent tourner au profit de la masse en Angleterre coinme dans le
reste du monde, ainsi qu'on en a fait l'expérience en 1830, ii n'en
est pas moms vrai que l'aristocratie, aujourd'hui encore dominante
dans les trois royaumes , voit d'un trCs-rnauvais oil le dCveloppe-
ment de ces principes, et qu'elle se trouve l'alliCe naturelle des mo-
narchies absolutistes, Si hostiles it la nation française et it sa révo-
lution.
De lit le fameux traitC de 1840, dont l'affront n'est pas encore
efface ; do lit ces provocations it l'occasion de l'exercice du droit do
visite, qui ont excite les susceptibi1iés do deux legislatures succes-
sives, lesquelles cependant ne furent guère pointilleuses , en toute
autre circonstance , it propos de Ia liberté.
II ne faut pas oublier que , deux fois de suite , les chambres ont
manifesté l'intention bien formelle que le ministére négociât pour
arriver a la modiLcation des traités de 1831 et 1833 , qui , sous pré-
texte de repression de la traite des noirs , aulorisent les croiseurs
anglais, darts certains parages, it visitor nos navires et it s'arroger Un
droit de police sur eux. 11 ne faut pas oublier la résistance des mi-
nistres, et surtout du ministre des affaires etrangéres, qui , en cette
occurrence, s'est pose en apologiste de tous les actes des croiseurs
anglais, et qui , s'il y avait encore chez nous l'ombre d'un gouver-
nement constitutionnel , aurait &A se retirer devant les votes émis
presque unaniniement dans la chambre des députés.
Eh bien ! ce ministre, queues négociations a-til entamées P Corn-
inent les a-t-il conduites? Comment pout-on espérer qu'il ait sou-
tenu la dignité de notre pavilion devant i'étranger, aprés avoir tant
fait , an sein des chambres , pour la compromettre P En adrnettant
que, par un revirement dont les exemples no souL maiheureuse-
nent pas rares, ii ait pris dans ses notes diplomatiques le contrepied
do ses discours it la tribune, queue autorité auront sos paroles au-
prés des ministres anglais, lorsque ceux-ci pourront Iui répondre
avec ses propres argumens P
Franchenient, pense-t-on que M. Guizot , dans sos conferences
avec lord Aberdeen , sous les ombrages du château d'Eu , lui ait
demandé avec chaleur la modilication du droit de visite? Pense-
t-on quo si le voyage du roi des Français it Windsor s'accornplit

avant la fin de l'automne , ce soil pour négocier directement avec
la rome et les ministres d'Angteterre dons le sons indiqué par la
chambre des députés P En bonne conscience, il faudrait une trop
forte dose de bonhomie pour éompter sur tin pared résultat. Tout
porte it croire, au contraire, que les promesses les plus positives
ont étéfaites an ministéreanglais de tout combiner pourréduire it
néant les velléités d'indépendance et de nationalité qui se sont fait
Jour an sein des chambres. On ne pouvait payer it meilleur marché
l'insigne avantage de posséder dans un château patrimonial de la
royauté citoyennela souveraine du plus puissant empire du monde
( style des journaux ministériels).
Encore une fois , nous no demandons pas mieux quo de voir
s'apaiser a tout jamais les vieilles querelles de la France et do I'An-
gleterre ; nOUS ne ferons rien , quant a nous , pour raviver le feu
mais cependant c'est it la condition quo satisfaction sera donnée
aux justes susceptibihtés de la France. Précisment parce que, dans
Ia lutte de géans de 1792 a 1815, l'avantage materiel et le succès du
dernier combat est resté a nos rivaux , la France doit être aujour-
d'hui de moms bonne composition et ne point soufl'rir qu'on lui
fasse de nouveaux affronts, surtout quand it ses ancens griefs
sont venus s'ajouter ceux de 1841.
Que l'on se tienne done en garde contre les combinaisons diplo-
matiques dont le voyage do la rome d'Angleterre pout être l'oc-
casion. Déjà nous avons bien des fois averti les ctoyens de se pré-
munir contre les projets de dissolution de la chambre , qui exis-
tent dans los hautes regions du pouvoir. Les gracieusetés do la reine
Victoria , de ses ministres et do la presse qul les soutient , seront
Un motif deplus d'accomplir ces projets.Cedoit doncétreaussi une
raison, pour tons les Français amis do la dignité de leur pays , de
redouhler de zéle et d'.ictivité pour assurer l'exercice de fours
droits.
11 n'est pas douteux quo , si la composition definitive des listes
électorales , quand ii n'y aura plus moyen d'y toucher avant Un an,
offre des probabilites de succès au ministère , ii ne tente un appel
aux Olecteurs, etque l'un des premiers actes qu'il obtiendrad'une
chambreselon son cour sera la ratification et I'aggravation peut-
tre do ces traités de 1831 et 1833, contre lesquels Jo sentiment
national s'est Si unanimement et Si énergiquement prononcé.
C'est rnaintenarit aux citoyens it voir s'iis veulerit ajouter ce Ca-
deau a ceux quo la reine Victoria a remportCs du château d'Eu
et s'ils no prétendent pas fonder sur des faits , surtout stir des
avances réelles de la part do l'Angleterre , et non sur de vaines pa-
roles , cette égalité des deüx nations française et anglaise , objet
deg désirs sincères des patriotes de notre pays. Tout , a cot égard
dépendra du plus ou moms d'empressemerit quo l'on mettra , d'ici
A la fin do ce mois , it revendiquer l'exercice des droit politiques.
Los deux compagnies du 1 léger qui étaient allées au château
d'Eu sont revenues bier it Rouen sur le paquebot a vapeur la
Seine.
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LeMoniteurpublie Ia lisLe des promotions qui ont été faites a Eu
dans l'ordre de Ia Légion-d'Honneur:
M. le baron de Lagatinorie , commissaire-géneral, chef du service
de la marine an Havre , a été nommé cornmandeur.
Out été nornmés rnembres do t'ordre:
MM. Couppey, , maire du Tréport;
Château, lieutenant do voltigeurs anlerléger;
Thory, , lieutenant de gendarmerie it Dieppe.

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