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(1) Abréviaiion sicilienne de Filippo.

(1) Abréviaiion sicilienne de Filippo.
2) Abréviation do Domenico.

Its ne recourent a ce moyen extreme que dans les cas graves d'insubordina-
a
lion on de révolte. Tour-a-tour tendre et menaçante , leur voix suflit I'm-
telligent animal , quiy répond par des coups d'oreilles fort expressils. Mu-
lets et muletiers vivent, en Sidle, danq Isplus étroite union. Its voyagent,
mangent , dorment ensemble, et it résutte de cette communuté , de cette
intimité fraternelle, une langue de convention , an moyen de laqu&le horn-
mes etbétesse comprennent Is merveille.
La caravane montait en silence l'étroit sentier, et l'on n'entendait que
lesfers des mulets sur lea rochers. Pour passer le tems , Mimo entonna
a
one chanson sicilienne que Pipo accompagna demi-voix. Its venalent d'a-
chever l'impitoyable roulade en fauset du dernier couplet , lorsqu'ils attei.
giiirentle point culminant de la montagne ; its y furent reçus par le soleil
levant.
- Madone ! quel froid ! s'écria Pipo.
Le lever du soleil eat toujonrs , en eflet , très-froid dans les pays méridio-
naux. Les muletiers passérent leur casaque de bare , et, en ramenant le ca-
puchon sur It tête , its n'avaient pas mat l'aur de deux capucins en voyage.
- Per liacco !s'écria Mitno, pourquoi ne nous réthaufferions-nous pas ?
nous sommes a Ia source.
Le conseil fut suivi aussitôt que donné :lesdeux camarades introcluisi-
rent une paille dans lea barils, Ct puisérent dam tours flancs deischaleur
et des forces. Pendant ce tem., lea discrets quadrupédes poursuivaient paisi-
blement leur route.
—C'est , ma foi ! do bon . dit Pipo en se relevant. Eh ! Mime, cria-t-il a
son camarade qui pompsit toujours , veux-tu vider lea barils ?
- Manque-t-il de I'eau pour lea remplir?
Its se trouvaient en cc moment devant une maclone an pied de laquelle
a
coulait une source. us mirent pied terre devant l'image sainte , el , levant
tour bonnet avec Un grand sentiment de devotion , its baptisérent largement
le yin de monseigneur. Cela fait , its remon(èrent sur le cou de leurs mules
a
on se signant, et commencérent descendre la montagne.
Le soleil, encore suspendu stir Ic mont Gibilenemi , an nord des fameuses
cainpagnes de Gela , dorait la crete de toutes lea montagnes do l'ile ; mais
lea vallées dormaient encore dans I'ombre. L'air étaitsi par, que lea mule-
tiers virent distinctement blanchjr, , sur le bleu de la mer qui se d&oulait a
leurs pied. , lea rochers de Matte et de Gozzo.
— Voilà Palma qui se reveille, s'écria Pipo, j'entends la cloche du con-
vent de la Merci qui appelle lea frères a matjues. On dit que lea révérends
soft de moitié dabs les profits delabande , et,ce qui enbien pis, c'est
I qu'ils bénissent les merchandises VoWs !

—Pourquoi pas? rdpondit Mimo, toujours fidéle a son système de spé-
cialités sociales ; its lea sanctil'ient : chicun son métier.
- Mais qui dune habite cette grande flte? demands Pipo en indiquant
do
bout de sa perche une longue tour ronde et crénelée bétie au bord de
la mer. ,
- Un archiprêtre qui passe pour astrologue et pour sorcier mais que
je soupçonne fort d'être tout simplement le computiste de h bande. , , Vs,
Pipo tous ces gens d'église sont de fins merles. Mais voici le aid des Gdans.
,
L'rnil des muletiers plorigeait en ce moment dans la ville de Palm si
Pon pout appeler ville un amas informe de maisons échelonndes lea unes sur ,
lea autres comme lea gradins d'un amphithéitre un tabyrinthe do rues
,
étroites et qui Wont jamais connu d'autre pave que le roe brut et glissant.
Palma eat bétie an pied et sur It pente mêrne de la montague ellire le i
,
deux bras d'un petit ruisseau qu'elle baptise et qui se jette dans la mer
, fill
mille plus bas. Avec sea caroubiers sea jardins d'orangers sea vastes fo-
,
rêts d'amandicrs la petite vallée de Palma eat corume une oasis de verdure
,
jeide au milieu des deux vastes Plaines ièchs et découvertes d'Alicats et de
I'antique Agrigente. La chaine do hautes colllnes pierreuses du Lavana Ut
protege au nord et au midi In mer forme dans lea terres one foule de petits
,
golfes charmans.
Mimo reprit Pipo connsis-tu lour capitaine Orlanio ?
- , ,
Non mais on dit qu'iI lit dans un livre latin comme un pére bdnedictut
,
de Catanc et qu'il a la tournure d'un cavalier palerinhtain.
,
- Pourquoi done fait-it un si vilain métier ?
Oh ! c'est une tongue ci mystdrieuse hhstoire on so Is dit a I oreille,
- ;
mais then has car Ic nom du gouverneur eat meld !à-dedans.
,
- Le seigneur Frangipani?
- Lui-même.
Conte -moi ca Mimo, dit Pipo avec un grand mouvenje n t de cu-
- ,
riosité.
Observe d'abord que Jo ne répéte que ce que j ai oui dire II n'appar-
:
tient pas a un pauvre muletier comme mol de nell aflurmer stir to compte
d'un aussi grand sehgn.ur que son excellence le gouverneur. Eli bien ! done,
it taut que tu saches que le capitaine Orlandoest ad vassal de la Camille Fran-
gipani, et que. . .
— Sang de Dieu! interrompit tout-a-coup une voix de stentor dont
l'exploshon fit cabrer lea mules muletiers de l'enfer, arniverez-vous
, ?. .
On meurt de soif id, et vous ne vous pressez pas plus quo si vous alliez ai
gi C
C'est Tetroyiso ! dirent a-la-lois les deux wuictiers de I{arQ.

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