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Jlouen, Jaiivier.

GRANDE DECOUVERTE D'UN PROGRES.
a
Depuis deux jours les ministres se déaienaient la tribune pour
a a
pIiquer l'opposition ce quo la France avaiL gagné la substitu-
a Mole
tion des noms de M4. Passy et Dufaure ceux de MM. et Mon-
.talivet, et en quoi l'administration actuelle difl'ère, quant aux prin-
a
cipes et la marche généralo des afIaires , do l'administration pré-
cédente. La tàche était au-de3sus de Ieurs forces. M. Duvergier de
JLauranne a étó plus heureni thus ces recherches microscpiques
auxquelles la ténuité de la situation condamne en ce moment les
publicistes de La chambre et de La presse. Voici done le jwogrés quo
4'honorabte député de Sancerre a essayé do définir.
II y a un an, une opinion devenue de plus en plus audacieuse
tiiait hautement la prépondérance de Ia chambre elective, et re-
vendiquait pour le pouvoir royal le concours des chambres sans
condition. Condamnées par in vou national, cette doctrine et cette
a
Opinion se souL, d'après M. de Hauranne , sournises cet arrét;
des out, toujours d'après son dire, rendu eIIes-mmes hoinmage
iu principequ'elles con testaient, et mis pour l'avenir le droit du
.pays =i l'abri de toute contestation. Ainsi, it seraitaujourd'hui bien
a
econnu que les chambres no sont pas appelées seu1emnt con-
a
Wier les ministres, mais lesdéigner ;it serait bien étab!i quo
orsqu'iI y a, sur Ce point comrne sur tout autre , dissidence entre
les pouvoirs, le dernier mot, en fait et en droit, appartient au
pays.
a
Nous avons toujours été heureux do rendre justice la loyauté
des convictions do M. de Llaurannie, et Al l'élévation do ses sentiniens;
Ilous trouvons inême encore dans le discqurs qu'iI vient do pronon-
cer la trace des sympathies généreuses et populaires par lesquelles
it s'est toujours distingué de la plupart de ses arnis politiques. Nous
no pouvons done que déplorer l'étrange illusion qui est venue le
'détourner de la vole dans laquelle if habile-
ótait si hardiment et Si
nient entre l'année dernière.
Oft done Al. do Hauranne a-t-il vu quo-la chambre avait recouvré
Ic droit de designer les ministres , et que c'est le dernier mot du
'Corps electoral qtii a prévalu pour la composition du nouveau mi-
•nistere ? N'est-ce pas là une contre-vérité dont la demonstration
Inous serait fournie même par d'autres parties du discours du célé-
bre publiciste?
( Personne ; a-t-il dit, n'a blâmC et no blame plus que moila
a
pOIItiqueme5qujne, imprévoyante , dangereuse , qui tendrait tais-
ser perpetuellementhors des affaires les homrnPs que los partis re-
ardent comme leurs guides et teur flambeau. Personne no s'Cton-
,llerait davantage qu'une telle politique pt avoir encore des
partisans, et qu'après avoir frappé ces hommes d'une sorte d'ostra-
cisme , on leon reprochât de ne pas Ic subir pBtiemment. . . Ceux-là
;Se font une etrange We des gouvernemens représentatifs, qui los
CrOient faits pour quo les chefs de parti donnent au pays l'exemple
-d une abnégation toute passive, ou d'une activité dépouillée d'ain-
bition.
Si les partis dont so compose la chambre avaient été écoutés
a
Pour la formation du ministére , est-il croire qu'ils en auraiont ex-
Cl0 lours chefs, leurs guides et leur flambeau P Le mat, dit Al. de
Hauranne, remonte au 15 avril. u SoiL, mais çe n'Ctait pas la peine
de renverser Le 15 avril
, Si on no devait pas faire cesser ce mat avec
Jecortége detous les autres. Lo plan de conciliation que M. Duver-
ier de Hauranne préconise aujourd'hui est, sans qu'iL s'en suit
4lperçu sans doute , le méme qui avait été pratiqué par le ministCre

du 15 avril, et qu'alors it flCtrissait du nom de système do cor-
ruption.
Le ministére du 15 avril s'Ctait donné aussi pour on ministére de
transaction et de copciliation enitre les partis , et it n'a Pu se consti-
tuer qu'uno majorité recrutée des défectionnaires do tous los partis.
11 y avaiL de toutes les anciennes opinions représontéesindividuelle-
mu-
souvenirs ne sont pas
meatdans le groupe des 221 , et Si flOS
dClos , M. do Lamartine délendait le ministére Mole par des raisons
a
identiquement seinblables celles que M. do Hauranne invoque
, a
aujourd'hui en faveur du ministéro du 12 mai ce point qu'on
pourraitcroire to dernier discours uneseconde edition trés-pen mo-
difiée du premier discours.
Demander aux partis d'oublier leurs antécCdens réciproques,
c'est abondor dans ces conseils d'abandon desengagemens antérieurs
quo nous avons dtI nagnére qualifier sCvCrement , bien qu'ils torn-
bassent de haut.
a
Aussi, le pays doit-il savoir gre M. Odilon Barrot des éloquentes
paroles par lesquelles it a repoussé les dissolvantes maximes dema-
riage de raisonpréchées par M. do Hauranne , et réhabilitC la reli-
gion de La fidélité au drapeau politique qui a été l'honneur dos horn-
mes d'etat do la Grande-Bretagne. M. Barrot a noblement protestC
contre cot anCantisseinent des souvenirs des partis qui constituent
teur personnalité et sont le témoignage de leurs convictions. Ce qu'il
y a d'affligeant dans notre époque , c'est la facilité avec laquelle les
hommes hauL places passent d'un camp dans on autre. De tels er-
rernens doivent étro stygmatisés et non encourages. Les choses en
a , a
souL ce point , que los Clocteurs bien peu d'exceptions prés,
no savent plus sur qul pouvoir compter. Combien n'y a-t-il pas
d'exemples de dCputés qui ont Cté noinmCs , parce qu'ori los
a
croyait les roprCsentans d'une opinion, et qul , arrives la cham-
a
bro, ont oontracté des alliances tout opposCes celles qu'on leur
irévoyait.
Nous sommes do ceux qui considCrent le corps electoral actuel
cornme mnsutlisant. La justice veut cependant qu'on reconnaisse quo
les choix qu'il a faits depuis 1831 sesont toujours trouvCs, an scru-
tin parlementaire, plus mauvais quo les intentions qui les avalent
a
portés la deputation.
((Vous cherchez la inajorité, s'est Ccrié M. Barrot; it. en était sorti
une des elections, majorité imposante et formée du centre-gauche.
cependant cc West pas le centre-gauche qui ost au pouvoir ; c'est.
une faible fraction seulemont do cc parti qui a été chorcher son
point d'appui dans le parti vaincu. n
Nous ajouterons , nOus , que non-seulement la pensCe sortie des
elections West pas entrée an pouvoir , .rnais encore que la pensée
exprimée par le corps 6le6t3ral était en deçà de celle qu'il aurait
manifestée , s'il n'avait pas été travaitlC par los manoeuvres corrup-
tnices de la dernière admInistration.Un ministCre du centre-gauche,
s'il n'avait trouvé dans la chambre d'ahord qu'une faible majoritC,
aurait bientOt , dans des elections dCgagées de toutes fraudes
a
pulse une immense majorité qui aurait jainais assure cette vérité
du gouvornement représentatif, au nom de laquelle la coalition s'é-
tait formée.

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