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lionen, 10 Janier.

lionen, 10 Janier.

LES FINESSES DE L'ADRESSE.
Ainsi que nous l'avons dit , le ministére se montre très-satisfai
,de la manitre dont la commission l'a traité. Ce qti'il y a de plus
piquant, c'est qu'il parat que quelques banes de l'opposition dans
la chambre se montrent trés-satisfaits aussi de la rnaruère dont le
tuinistlre est trait6 par to projet tl'adresse. La commission aurait
dtic trouvé le moyen de contenter tout le monde; ceci equivaudrait
A la découverte de la pierre phulosophale. Mais vous savez le pro-
a conteuter tout le monde arrive a no
erbe qui dit que((qui vise
contenter personne; )) ainsi, it pourrait arriver qu aprés avoir recueilli
des applatidissemens de tons les cOtés , to projet de la commission
int par retourner contre lul tous les parti , jaloux. d'échapper a
I'imminenced'être tous pris pour dupe.
On dit d6jàqueles221, en regardant de plus pres a cette miro-
bolante redaction, qui avait eu le don d'éblouir un instant les bons
enfans des diverses parties de la chambre, y ont découvert de grosses
malices dont its se proposent bien de tirer raison. Veut-on un echan-
tillon de ces malices P Voici comrne les choses sont racontees par
Un journal de Paris :
Le fond des pensées serait très-innocent, le venin serait dans les
formes du style. II faudrait découvrir Ic fiel sous les délicatesses du
langage. Ainsi , en cc qul concerne La question d'Orient , le dis-
cours exprimait ['espoir d'une solution paciuique qut concilierait
tous les ititérêts. L'adresse répond au discours : Les vceux de la
'chambre s'unissent a vos espérances. Saisissez-vous la nuance
entre le discours et l'adresse P Le gouvernementespêreune solu-
a
tion pacifique , la charnbre se borne lasouhaiter, , done elle ne
l'espère pas. Elle fait desvux, mais cite n'a pas deconfiance.Elle
insinuedone avec des termes trés-adoucis unbldmesur la politique
suivie par Ic ministère en Orient, puisque cette politique ne lui
permet pas d'exprimer une espérance dans le succès.
Vous vous émerveillez , sans doute , de taut de subtilité de la part
1e la commission et de tant de perspicacitè de la part des commen-
'tateurs , et vous ne pouvez que vous étonner qu'il se trouve de Si
1ortes Wes dans les conseils de la nation et de La couronne. Pour-
suivons , et vous serez encore plus édifiés.
It y a un autre passage qui aurait surtout mécontenté 1135 221
43 est celtit ott la commission rappelle ce qu'a voulu la France en
1830 : c'est une dynastic nationale et un gouvernementpctrlemen-
tazre.Cette phrase se trouve presquetextuellemerit empruntéc au
a
. dernier cent que M. Thiers a distribué se scommettans ; c'est done
unegalanteriefaite a M. Thiers parlacomrnission. Cos mots: (( L1fl
•gOuvernernent parlernentaire, reçoivent des 221 I'acception qui,
.lannée dernière, a cause tant d'émoi et de tapage.
EL voici comme on tes fail argumenter : La commission demande
que legouvernement soddveloppe ,quo les pouvoirS qut Ic compo-
:sent,zndëpendansetunis, conservetitleurs prerogatives,etrespec-
eng les hmtes.La commission West done pas pour laconservation
pure et Simple des institutions dont parlait to discours de Iacou-
roune P Quant au reste, veut-on constater une situation existante?
Est-ce unconseil pour l'avenir, conseil qui impliquerait une criti-
quedu present? Y a-t.il un pouvoir qul ne conserve pas toute sa
prerogative? Y on a-t-il Un autre qui no respecte pas cornplètement
ses limites? Quel est Ic pouvoir qui abctique ? Quel est celui qui
enyahit?
a
Nous crayons qu'ils ont beaucoup de tenis perdre , ceux qui
ne
peuvent l'emptoyer a déchilTrer de pareilies énigmes; flOUS
icomprendrons jamais que la dignité de la France, que la dignité de

la representation nationale, comporte de telles arguties , de telles
espiégleries, do ces rodomontades déposées sur des pointes d'ai-
a
itous en occupons, c'est pour dire Ia chambre
guilles. Et Si T1OUS
qhie Ic pays est las et humiiié de toutes ces allusions détournées , de
toutes ces petites guerres a coups d'épingles , de tous ces rem tie-
ménages d'écoliers , de toues ees teinpètes dans tin verre d'eau
de tout cc parlage creux qui consomme tant de ten'is et d'argent et
qui n'aboutit At rien.
Ce West point ainsi quo peuvent se traiLer les afl'aires d'un grand
peuple. La diplomatic entre les gouvernemens est deja one assez
miserable chose; qu'est-ce done que La diplomatic dans les rapports
des pouvoirs publics entr'eux P Si Ic droit constitutionnel a voulu
qu'il y cut des assemblées electives pour contrOler les actes de
l'administration, que cc contrOle se fit a la face du pays, et que les
relations qu'il anlènerait entre les représentans du pouvoir exécutif
et les représentans de la nation se passassent sous 1'cil de tons,
c'était appareminent pour que Ic public fit a même d'y comprendre
quelque chose, et de contrOler a son tour to contrOle de ses déiégués.
Ws-lors, peut-on considérer autrement que comme une insulte
faite au pays, comme tine derision, cominc un déni de justice, tous
ces ambages et circonlocutions, toutes ces énigmes, toute cette lo-
gomachie entortillée qui, depuis quelques aniiées , est devenue le
style habitueL des communications de la chambre des députés avee
Ic gouvernement, et du gouvernement avee la. chambre? Tout cela
est pitoyable, et it est bien urgent que le pays y meLEe ordre en flu,
en avisant a se donner, par des voies éleelorales plus larges, de ye-
ritables et plus sCrieux représentans de ses droits, de ses besoins et
de ses sympathies.
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