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dons uric cour intérieure qui séparait un second batiment do cclui qui s'd-

dons uric cour intérieure qui séparait un second batiment do cclui qui s'd-
levait sur la rue.
Cc nouvel edifice, parfaitement !sold, et trop éloigué do la vole publique
pour quo non do cc qui passait a l'intérieur pill étre entendu des passans,
dtaitloin d'être aussi tranquilic quo l'autre corps de-logis; malgré los volets
épais qui couvraient leg fenétres du premier dtage des jets ardens de lu-
,
inière s'échappaient par les fentes et les jointures; des bruits étranges, que
Maurice crut reconnaitre pour Jes avoir entendus une fois sortaient aussi
,
sourds et étouffds de cette enceinte herméliquement close. C'étaient encore
ces aboiemens et ces miaulemens qui avaient prodiiit sur lui une si grande
impression an cimctière do Saint-i1ddard ; c'dtaient des ens surhumains, me-
a
lds is des chants lithurgiques, des psalmodies ; puis des gémissemens, des
plaintes, et comme Ic bruit d'un madrier qui retombait lourdement sur un
corps tendre. ft.
Maurice s'arrCla en frémissant.
a
Et c'est là, dans eeL enter, dit-il son companon, quo je vais voir Es-
-
telle Leblanc?
C'est lb, répondit le guide; mats, avant Walter plus loin, SOtiVenez-vous
-
de votre serment ; souvenez-vous que la moindre indiscretion sur cc quo vous
allez voir serait La perte do cello quo vous aimez, do son pCre et de tons leg
a
saintspersonflages qui vouS ont permis d'assister lours reunions sur la foj
do votro loyauté. Du es ajouta-il avec un sourire menaçant, it est inutile
de vous dire que nous avons pris nos precautions contro vous ; nous sommes rte'
en force, songez-y.
Marchons, marchons vite, diE le jeune médecin, qui entendait toujonrs
-
les mérnes gCmissemens sortir do La pièce oü so tenaient los convuisionnaires.
L'abbé fit Un nouveau signal et i t s entrèrent dans une espèce de salle
,
basse, mal menblée et encore plus mal éclairée, dans laquelle se tenaient
quelqties persofiflages a figures sinistres qui semblaient servir do gardiens.
}avereldchangea encore un met do passe avec l'und'cux, puts it dit a Maurice:
H faut quo vous attendiez Un moment ici ; jo vais 'voir s'il est [ems
-
d'introduire Un profane dans l'assemblde des saints. Jo reviendrai vous
prendre.
Dubourg voulut insister pour to suivre sur-lechamp ; mais I'abbC adressa
çuelques paroles a ccliii qui venait de leg introduire on liii désignant Mau-
,
rice par Ha geste signilicatif. Le jeune mddecin comprit qu'il devait so rési-
gooF, et it s'assit stir Un banc do bois avec des apparonces do calme, quoi- I
,
que to sang bouillonnat dans sos veines. L'abbC satisfait de cette dod-
a ,
litC, donna encore quelques ordres voix basse et disparut par une porte
du f e n].
Tous ceux qtii Ctaient daus la salle gardaient an silence morne Ct (arou-

che, en sorte quo, du lieu oü it était Maurice pouvait juger plus exacte-
,
thent; do cc qui se passait a I'étage supénieur. Des voix nombreuses conti-
nualent a reciter leg psaumes do David et entre chaque psaume nn grand
, , ,
mouvemerit avait lieu dans I'assemblée cotume si tons los assistans se fus-
,
sent prosternCs a terre. Mais cc gui occupait Ic plus Maurice c'Ctait cc bruit
,
lent rCgulier et continue! semblable a des coups do massue et dont cha-
, ,
cun laisait trembler le plancher.
a -
Quel est done cc bruit? demanda Maurice l'homme qui Ctait to plus
-
près de hi! et qui paraissait lo chef.
Cc sont leg secouristcs qui frappent Jeanne Monier, répondit son
-
introducteurd'uuo voix lugubre ; cite doit recevoir cent coups de barre de
for (1) stir la poitnine ; dIe West encore qu'au soixantième: prions pour elle,
me s frères.
11 fit un signe de croixet sos compagnonsl'imitèrent gauchement. Maurice
tremblait.
Au bout d'un moment to bruit cessa et, dans l'intervalle des chants.
1c
Ituricc eutendi( comme un grincement poulies et nfl frôlement de cordes
contre lo planclier.
Qu est ccci ? demanda-t-il encore.
-
C'st Catherine Sylvie que Pon presse entre deux poutres jusqa'à cc
-
queson corps n'ait. plus quo l'épaisseurd'un missel, dit lefarouche interlo-
cuteur ; pnions pour cue, mes frères.
Le jeune médecin It voulu pour dix années do son existence pouvoir so
Soustraire a I'horrible angoisse qu'il Cprouvait on cc moment. Ii enfonça
sa tCte sons son manteau avec frCnCsie, comme s'il ellt tremble do voir ci
d'entendre.
Mais bientôt, pour la troisiemo fois, leg bruits dtt premier Ctage changerent
do nature. Cc furent d'abord des coups do marteauirappCs avec force; inais
cette fois chacun do ces coups rebondi$sait comme sur une enclume de fer.
Quel pouvait être cc nouveau supplice ? a qui Ctait-il destine ? C'étsit cc que
Maurice so demandait a lui-mêtne tout en frémissant d'arrêter sa pensée
,
sur an tel sujet de rCfloxions. Cependant it allait peut-étrc, dans sa mortoile
inquietude adresser encore quelque question an concierge quand un en
, ,
aigu, déchirant, Cvidomment arrachC par une cifroyable soufi'i-ance retentit
,
tout-a-coup dans toute la maison. Maurice se dressa commo on dii que so
dressent parfois leg porsonflesqili viennent d'ètre frappées do la foudre ; II
Ctait Wane pleur mortelle et ii chancelait comme pris de vertigo. C'Ctait
Ia voix d'Esteile Leblanc.

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