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Rouen,, 5 Feirier.

Rouen,, 5 Feirier.

OU EN EST LL QUESTION DES CILEMINS DR FEE.
a
Nous ne savons ni comment ni quand it sera donné nos con-
trees de jouir do la ligne de Chemins de fer qu'elles ont été un
a
moment la veille d'acquérir, et dont elles so promettaient tant
d'avantages. Voilà plus de six sernaines que la chambre est réunie,
et cépendant nous ne voyons pas encore arriver to fameuxprojet de
loi de M. Dufaure, dont le Iaborieux enfantement dure depuis tant
4e torus. Qui plus est, la commission nomméeadhocpar le ml-
Distre no parat mme pas en avoir fini avec ses délibérations a
l'heure qu'il est.
On raconte qu'ellea dil so réunir, vendredi dernier, pour entendre
les observations des déiégués de la compagnie pour le chemin de
for d'Orléans, ce frére jumeau du nOtre, qui nest pas mort comme
ceIui-ci, mais qui ne parat pas s'eu mieux porter.
a
L'histoire des vicissitudes de cc chernin agonisant suffirait dé.
Inontrer cornbierj peu l'esprit d'association est avancé chez nous
et combien peu aussi nos hommes d'etat sont an courant des
lflOyens propres a nousdoter de ces merveilleuses voies de commu-
nications, dont nos voisins font l'heureuse experience depuis plu-
sleurs années.
La compagnie , nous dit-on, modiuiant ses premieres propositions
a
.s€ réduit demander la garantie de l'état pour son capital de 40
millions; mais, dans to cas ofi. it faudrait emprunter un capital sup-
plémeritaire pour achever les travaux , la compagnie voudrait quo
I'intérêt de I'ernprunt vnt s'ajouter aux dépeuses de ['entreprise,
etqu'iI Sc trouvãt ainsi détaché du produit net sur lequel porte la
garantie.
Cette combinaison , it- faut qu'on le sache , West qu'une variante
1'un autre système présenté par la compagnie et repoussé par le
•gouvernemetit. II s'agissait, Ia premiere fois, d'une garantie d'iuté-
ret sur Un capital sans limites ; les termes do nouveau projet re-
Viennent inclirectement au mme but; car I'état étendrait sa ga-
rantie an capital de l'emprunt , dont les circonstances uuérieures
pOurraient seules determiner la valeur.
Cependant toCourrier Français ,auquel nouS empruntons ces
a
renseignemens conclut ce que bon accueil soiL fait aux derniêres
propositions de la compaguie. En definitive , dit-iI, chacun salt
bien que la Iigne d'Oi'léans , dont plus de la moitié repose sur on
.s21 de nlveau, iie coItera guère plus de quarante millions, et que,
s, il est un cliemin de fer produclifen France, c'està coup sr celui-
Ia. La garantie de l'tat ne pout pas donner lieu , dans son applica-
, a
tion a cette ligne des pertes srieuses pour Ic trésor. Que l'on
reserve done Ic principe , et que I'on admette ici une exception.
C, est le cas de faire Iléchir la règle en vue d'un puissant intert et
accorder quelque chose aux communications si négligdes j usqu'ici
de la capitale avec nos départemens méridionaux. ))
a
Ious ne saurjons nous ranger une semblable conclusion; les
ra,lsoti mêrnes que leCourrierinvoque comme ddcisives pour faire
flechtr la règle générale seraient pricisément celles que nous au-
l'lOnS fait valoir pour repousser Ies prdtentions de la conipagnie.
En diet , sichacun sailquo la ligne d'Orléans no cotitera guère
plus dequaranje millions,quel 1
Si grand intérêt la compagnie pent-
e1le avoir a Insister pour que l'dtatlagratifie d'une garantie d'intért
au-dela de cc chiffre it Ou it faut voir là une exigence puerile, ou it
taut redouterun piége dans la vue d'entrainer l'état li des sacrifices
.Satistlniites dont la compagnie recuellierait le fruit sans aucun peril
pour elle
Mais , en outre , slit est de notoriété publique et incontestable

que la ligned'Orléans devra être la plus.productive de toutes celles
qui pourraient Ctre construites en France, quel si pressant besoin
la compagnie a-t-elle de faire garantir l'intérCt de SOIl capital par le
gouvernement i
"Si I'entreprise du chemin de for était encore un projet, fait
observer leCourrier Français ,on ne pourrait pas conseiller an
gouvernernent d'accepter de telles propositions. Mais la compagnie
existe, son fonds social est souscrit , ses travaux out été poussés
avec vigueur. Pour retenir ce faiseeau de capitaux et d'actionnaires,
ne convient-il pas de faire des sacrifices qui seralentuneimprudence
dans toute autre occasion. u
L'inpruderice du gouvernemerit et des chambres, dans cette
a
afl'aire , a etC de n'avoir pas donné aux compagnies venir une Se-
vère Ieçon dans la personne des compagnies des Plateaux et d'Or-
leans , c'est-à-dire de n'avoir pas, l'annCe dernière , mis ces deux
compagnies en demeure d'exCcuter les clauses de fours concessions
respectives , sons peine de perdre en totalitC les cautionnemens
qu'elles avaient déposés.
Voilà comme ion est en France ; i'indutgence excessive quo les
adjudicataires on concessionnaires des travaux de l'état sont en
possession do rencontrer généralement dans le gouvernement n'a
servi toujours qu'à encourager les plus folles et les plus téméraires
adjudications. Nut no s'inquiCte de mesurer ses ressources avec
1'euvre a entreprendre , ou t'ceuvre avec les possibitités du [ems et
a
du pays. On souscrit tout aveuglement , dans la douce et rassu-
rante espCrance quo l'CtaL ne sera jamais assez barbare pour vouloir
la mort du pécheur industriel.
a
(I Mais si l'on tie se rCsout pas quelques sacrifices en faveur
des coinpagnies, it ne s'en formera plus pour attaquer l'insoluble
question des Chemins ! n Voilà cc que Ion entend dire encore, et
nous, nous rCpondrons que e'est pour le malheur du pays quo l'o-
pinion publique se soil préoceupée de l'idée quo les cornpagnies al-
Iaient faire merveilte dans ce genre, et que les chambres aient prêté
l'oreilte a fours propositions. Sans les décevantes et fallacieuses pro-
messes des compagnies , sans l'inconcevahle engotment avec lequel
on les a accueilties, la France aujourd'liui, conimela Belgique, et
par les mCmes procédCs que cette nation, serait en possession de
plusieurs grandes lignes de Chemins de fer.
II ne faut pas qu'une fausse houte empêche l'etat de revenir a la
bonne voie. Tonics ces dernandes de garantiesd'intert, de secours,
de protections de la part des compagnies, jadis Si gaitlardes et Si
séres de four fait, quand it s'agissait de disputer aux ponts-et-
chaussées la proie des Chemins de fer, , ne sont , en definitive, quo
des aveux implicites de l'impuissance des compagnies a réaliser cc
qu'elles avaient alTirmé avec tant de faste.
a
Si I'état doit Ctre entrainC des sacrifices , qu'au moms it en di-
a
rige i'emptoi et soit atte en récolter les bénéfices. Nos conclusions,
que nousavons tant de fois motivées, hCtas ! bien en pure perte, Se-
ront toujours ceiles-ci : Que ion abandonne aux particuliers i'exC-
cutiondes lignes secondaires, mais qu'on n'espère quo de t'Ctat soul
la bonne et certaitie execution des grandes ligries , de celles qui ont
Un veritable caractCre national.

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