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Jeuill etøn.

Jeuill etøn.

LE CONFIDENT.
bans to monde comme an théâtre , le role de confident a peu de charmes
t beaucoup d'i neon ytnjens. Les Attale, les Arsace et les Arbate les Cléone,
Ics Céphjse et les Phónjce de la tragédie , Wont toujours paru des gens bieu
A plaindre us ste sont là quo pour faire briller Ics grands personnages placs
mi premiere ligne. Leur emploi Consiste
it servir de mannequins dans l'ac-
lion. Its out a
is subir leslongs récits ; its reçoivent bout portant les foudroyan-
tes tirades , sans dire un seul mot, mais en exprirnant par tours gestes et par
i'air do lent visage diverses emotions. La princesse gemit dans fours bras Ic
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pleurestir lour épaule. C'est a Ieursdépcns pie s'obtiennent les grands
elFets dramatiue s : tantôt Un hëroique de porng Ics frappe dans la cha-
leu q COUp
r de Ia declamation, tantôt une main pwssante les saisit et laisse sur lour
brasles traces dune passion violente, telle quo la jalousie, la colère ou Ic
dsespojr _._ Une contidente , rentrant dans la coulissc montrait son bras
ISoircI par les rudes étreintes d'une do nos grandes tragédiennes.
- Voyez , dit la pauvre title, chaque fois qu'clle me touche , cite m'ar-
range ainsi.
Cette grande tragdienne avait la pearl tresbrune grande com-
; UflC
is
dienne, qui ne l'aimait pas, répondit la confidente:
- Vrajment! on vous touchant cite vous noircit de la sorte. II paralt
'ln'elle détejnt
Cc mot produjsjt bien des orages dans le comité du Theatre-Francais!
Le confident a tOujours to métne costume et Ic même role; it est toujours
tofldamnë all niême silence on aux memes paroles banales ; les cOuronfles les
'et
bravos passent it côté de lui ; son fern West jamais CitO ni dans les élo-
ges , iii dajis les critiques. All dénoment du drame, quand les hros -on-
rent, o dédajgne de Ic trapper, et it reste honteusement debout et muet It
tOtt des cadavI'es.
La fiction dramatique pout ici vous donner une idie de Ia réalité. Sur Ia
Cetie du monde, comme sur lautre, tons les acteurs ne sont pas de force a
OUer un premier role, nodule dans les intrigues los plus simples et les pills
Vtligajres La nature et Ic hasard distribuent les emplois. Then des gens re-
t)resentet quelquefojs , ma1gr eux, de brillans personnages ; d'autres sont
Souvent obliges de remplir un mauyais r6le qu'ils repoussent en vain.

Maurice est un homme qui , avec de l'esprit et de ]'ambition , s'est tou-
jours trouvé darts des positions subalteruses et fItcheuses. It a été perpétuelte-
ment victime dune confiance qu'iI inspirait sans to vouloir. Dans malutes
circonstanceS , on Iui a jct6 aux oreilles des secrets dont it ne se souciait pas
etqui t'ont misdans t'embarras. Sadestinéc l'a revétu du role do confident,
et it en supporte tons les dboii -es.
Pans to régime social tel qu'il est organis , nous sommes maiheureux par
nos qualits plus souvent que par nos défauts ; on abuse do cc qui est bon,
on ménage Ce qUi est mauvaiS ; la rcompensC do La vertu et le chIttiment du
vice appartiennent It t'ordre moral Cf SC rencontrent peu dans tes pratiques
ordinaires de la vie. Maurice s'était fait distinguer tout d'abord It son entrée
dans Ic monde par La sOreté de son commerce, une grande reserve, tine dis-
toute epreuve et une obligeance sans bornes. Avec cc caractére , on
crétion It
manque rarement d'avoir beaucoup d'amis. Un de ses caniarades de college,
nommé Anatole de Reillac , lui dit un jour:
Tu es mon mcillcur ami , Maurice, et Ic plus tionnste homme que je
-
connaisse;je vais to confier un grand secret , auquel est attaché to bonheur
de ma vie entière.
qui alors no connaissait pas encore tons Ics dangers dune confi-
Maurice ,
dence , ouvrit son scin aux épanchemens de t'amitié.
poll de mots : J'aime Mme de
Le secret d'Anatole était renfcrmé dans cc a
S.... etj'Cfl suis aimé. u
Tu comprends , ajouta Ic confiant ami , tout cc qu'une pareille révéla-
tion a de grave CL de sacrd , CL quelles obligations cite t'itnposc. Mon bonheur
de penis sans nombre , i'océan oCi je nage est p1cm d'écueiis et me-
est semé a
nacé de miiietempétes. J'ai voutu t'associer It mes peines , mes inquiétudes
quc je I'll seras mon compagnon et mon
et aux mauvaises chances cours.
allié ftdèie. Tu m'aideras dans Ics momens difliciles , tu me prêtcras l'appui
de tes coriseils , de La vigilance et de ton courage.
detail son
Des cc jour , Maurice mt tenu de remplir on conscience CL CR
emploi de confident.
Chaque matin on tui faisait entendre un tong discours sur les charmes de
l'objet aimé.
Mmo de S...
Puis , On réclamait sa collaboration pour quelques vers dont
était très-friande.
C'était ensuite fin billet qu'on Ic priait do remettre. Pouvait-on contler It
missives dans lesquelles t'honneur d'une femme
des mains mercenaires CCS
était compromis?
Pans los entrevues, it servait d'éclaireur, d'escorte et sic sentinelle.
Quand on Ic rencontrait thins Ic monde, it était chargé d'occuper Ic man.

Pour remplir convenablement cet office , on tavait dressé It par politique
et It jolter an wisth CL an échecs. Lorsque lii circonstance I'exigeait , it de- le
vait savoir perdre son argent It propos , et plus long-teins possible.
II y cut un moment oii, pour détourner soupçons du marl , Maurice fat
It faire ouvertement Ia cour It de S......Le jeu ètait dangereur, I's
et to pauvre confident limit pan éprouver réettement t'amour dont on lie lui
dcmandait quo Ic semblant. it
Si quetque sujet do plainte s'éleyait de pant ou d'autre, c'était mi qui re-
cevait les cxplications et qut était chargé d'aniener los racconirnodemens.L'em-
plo1 de confident occupait toutes ses heures et toutes les facultés de son es-
prit* netui épargnait Di in fatigue , ni l'ennui , ni Ic ridicule.
Un beau jour, Anatole et M'° de S.....dispartirent. Maurice avait étê
chargé de faire les prCparatils de cette fuite. C'était tnt qui avail acheté la
chaise de paste et pris tes passeports.Furieux tie cettemésaventure, Ic mari fit
des recherches, et découvrit bientôt la trace que le confident avait iaissée dans
I'intrigue et dans t'entèvernent. No pouvant Sc venger sur to ravisseur psi était
hors de toute portéc S....
, M. de s'adressa done a Maurice et Iui demanda
a ,
raison de la partqu'ii avait prise son malheur. Le confident devait jouer
son role jusqu'au bout , et en subir toutes les consequences. ii Sc battit, et
it recut un coup d'épée qui to ctoua pour trois mois thins son lit.
Maurice avait Rn oncle dont it était l'unique héritier, et qu'il avait tou-
jours negligé par délicatesse. Pendant qu'il était retenu chea tui par sables-
sure, it recut régulièremcnt chaque jour La visite de cot oncte , qui tul por-
tait on sincere attachement. its eurent ensemble de tongues conversa-
tions. M. Lambert, qui avait beaucoup voyage, racontait a son neveu tesavea-
tures de sa jeunesse. Cc sujet t'entraina matheureuseinent It unc confidence
involontaire.
.
A
- cette époque, (lit M. Lambert dans Un do ses recits , j'étais It Ia Gua-
deloupe, et je venais d'acheter une jotie matson de cainpagne que j'hahitai
avec ma femme....
—Votrefemme? s'écria Maurice; V0U5 avez done été marid?
M. Lambert no sttt pas dissimuier son trouble. Avec de la presence des-
prit,rien n'eüt td plus facile quo derevenir suriemot qui tui était échappé;
mais it s'entendait peu aux ruses oratotres ; apres Un instant do silence et de
confusion it reprit :
Eli bien ! oui, j'ai Rd mane. Je te d i rai tout, Maurice, mais in n'ahu-
-
seras pas de cc secrctque J'ai 51 long-tems etsi profondément garde. A vingt-.
cinq ans on po u t commeltre ufle imprudence, line faute ; on pent être Ic jouet
d'une aveug'ic faibiesse , d'une passion désordonnée ; c'est mon bistoire. En-
triUne par uii amour deplorable et invincible , j'épousai 4 la Guadeloupe uR

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