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Icurschants de guerre furent rveiller le cou-

Icurschants de guerre furent rveiller le cou-
rage dans I'ame des Ciroycns. Faut-il S'toii-
ncr de l'extréme vnration qu'ils acquirent
parmi les hommes ? Mais que les temps font
changes! II n'eii peut-tre pas de talent plus
difcredit6 que celui de Pore. Quelle en eft Ia
caufe? Eftce Ia faute des Poètes ou celle de
notre fiecle ? II paroit que Pun & l'autre in-
ritent également quelques reproclies. Peut-étre
laPofie, aprés avoir abandotind la dignité de
fonpremier cara&ere, ne s'eft quc trop avilie
envendant l'encens des Mufes au vice for-
tun,& en proftituant Ic langage des Dieux
aux fujets les plus abeas ; peut-tre I'abon-
dance des vers de'goüte ; & la quantit pro-
digieufe des mauvais que chaque jour voit
clorre , nuit peut-être au petit nombre des
bons : peut-ftre aulfi les hommes , naturelle-
nient inconftants , n'effiment plus cc qui leur
plaifoit. Queue clue foit la caufe du difcrdit
os de nos jours eft tombe la Poetic , ileft
certain que l'inutilitd eft Ic plus grand repro-
che qu'on lui faiTh on l'entend répterfans
ceffe , particulie'rementices hornmes qui ,
pour me fervir des propres expreifiohs de d'A-
a
lembert, inutiles pour Ic moms l'Etat, sic
pardonnent d'autre inutiTit que la leur.
Ye ne prtends point dfendre la Pofie d'un
reproche , qui , s'il &oit fonda , ttaqueroit
gaIement Ia Sculpture, la Peinture , la Mufi-
que, & tous les autres arts d'agrrnentqui font
Ic charme de la focir, & qui diftinguent les
Nations polices des Barbares. J'obfcrverai
fculcmcntenpaffint, que Ii Pop devoit mefuror
I'eftime your les Arts au vritabIe degr4 de
Jeur utilité , fouvent le fülalime Philofophe
lefuperbe Littrateur, fe trouveroient pre'ce'-
ds par Ic Laboureur, Ic Cordonnier & les
Artifans les plus vils.
Par M. GRATN VILLE, Avecat,

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