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DE LA Iui'ORME ELECTORAtLE.
( Deuii(%me article.)
Dana le précédent article, minus avons &abli que
nOtE( code electoral serait, tot on lard, la cause
Wane revolution, s'il ne devenait l'objet d'une r6-
forme,et foils avons dit que son principal incon-
vénient était de produire des institutions politiques
et des lois toutes au profit de la grande propriété
et contraires a (a petite propriété et a i'industrie.
J)aus celui-ci, foils voulons détnontrer d'abord
que, vtl Ia division actuelle des fortunes, La pro-
priété industrielle ou foncière qul pale deux cents
francs d'irnpôts, est bien réeilement Lagrandepro-
priété.
Cc fait West pas evident pour tout le monde et
notaminent pour lea personnes qul ne voient dans
la grande majorité des Francais qn'une masse de
prolétaires semi-barbares, andes, jaloux, ending au
pillage, contre lesquels on no prend jamais assez de
precautions, contre lesquels on n'a 'arnais trop de
sabres, de balonnettes, de tribunaux en permanence
•et de prisons toujours béantes.

Voyons Si notre état social justifie lear terreum'

et le système d'intimidation qu'elle enfante.
Ii y a aujourd'hui on France quatorze millions
de cotes tie contributions directes,y compris . lea
patentes.
Comme beaucoup de contribaabies paient double
et triple cote,lea quatorze millions de cotes ne re-
présentent guCre que neuf millions de propriCtaires
fon.ciers on industriels ; mais comme,d'autre part,
les enfans des propriétaires doivent être ranges darts
'a mèmne categoric que leurs auteurs, comnine La ma-
jorité d'entre eux meurtavant d'avoir hdrité, et que,
cependant, La population no cesse de s'accroitre,cc
nombre de neuf millions de contribuables repr-
seate vingt-sept millions de citoyena de tout sexc et
de tout age participant aux avantages de La pro-
priété et intéressés a la dCfendre.
11 faut observer en outre que beauccoup de per-
sonnes, sans payer aucun impCt,vivent de capitaux
places par elles,soit dans lea fonds publics,soit
dans des entreprises particulières, soit a titre d'hy-
potheques,sum lea biens fonciers de toute nature
et que,d'aprCs le raisonnemnent ci-dessus,cc mu-
lion de capitalistes représente trois millions de ci-
toyens qui sont encore a défalquer da nombre total
des Francais, quand on cherche le nombre des pro-
létaires.
Or,la population est actuellemnent de trente-trois
millions. Les prolétaires,mnéme en admettant ( et
cctte suppposition est fort gratuite ) qu'ils soient
tons animés des plus mauvaises passions, seront done
facilement contenus par leg propriétaires on fits de
pm'opriétaiLcs,qum se trouvent dix fois plus nomn.
breux.
Mais ne nous écartons pas de la question électo-
rale et ne considérons que lea contribuabies seuls
, ,
appelés par La lol clans lea colleges électoraux.
Sur cc nonibre deux centsseulemnent paientdi
,
mile francs d'imnpót on davantage. Le chiffre de La
a mesure qu'il dilninue,
contribution personnelle ,
répond a un nomubre de contribuabtes quit augmnente
unc proportion très-forte. Néanmnoins nous
(ICFLS ,
n'avons quo dix milie eligibles et que cent soixante
imillie électeura. Les contribuables a cinq cents francs
Ront done, a la totalitédes imposes, clans to rapport
a neuf cents et lea contribtiables it deux cents
d'un ,
francs sont a cette méme totalité clans to rapport
, ,
d'un a cinquante-six.
Ainsi méiné en mettant de cSté lea propriétaires
,
leg
tie capitaux dont it est fait mention plus Imaut ,
électeurs actuels constituent le corps des grands pro-
priétaires I'aristocratie de la fortune et une aria-
, ,
tocratie par Ic petit nomnbre de ses mnctnbres,
(jiti ,
p1rrait être qualifiée d'oIigarchie.
Mais on nous dit qu'il faut qa'il en soit ainsi dana.
et qu'il serait a
l'intérêt de la masse de La nation ,
craindre que lea petits contribuables ne fassent pas
asser independans des grands dans l'émnission de leur
vote electoral.
Qul dit cela?
Ceux qui en toute occasion favorisent la grande
, ,
propriétC aux dCpens de La petite ; ceux qui admni-
i'ent par-dessas tout l'aristocratie territoriale de
, ,
l'An3letcrme ; coax qul pleurent l'hérédité de La
paine et lea mnajorats.
En supposant lear sollicitude pour l'indépendance
répondons-leur qu'elle
ties électeurs l)icrl sincere ,
eat value, et que Les faits doivent leg rassurer pleine-
ment.

On a vu, tians le derniCres annCes, lespetits ccn-
tribuables voter pour leg ékctiOns munielpaleS. et &l
omit vote en gCnéral avec une complete mdepen-
, ,
dance. V
.
Les citoyci lea plus riches no souL pa s tou)oi1tS
les })lLtS iiiclCpeudaru. L'homme to plus mdepen-
dant eat celui qui a to mnoinshesoin de vanit at
d'a,nbition. Un dCputé quelqtte riche qti'il somt,
,
ii'es t pas indCpendant, quand 11 a l'amnbition d'endos-
sec an habit de conseiller d'etat on d'ambsssrtdetir;
an électeur n'est pas indépendant, quand it vent
obtenir a tout prix an emploi public.
Or, sur cent vingt mile einplois publics salariC
et conférés par Ic pôuvoir it an est cinquante-ciflcf
, ,
a et quo
mile qni sont la convenance des électeurs ,
leg électeurs auront quand its voudront. Et it esC
Plus facile d'auginenter le nomnbre des électcurs
que d'accroitre ccliii des emplois salaries.
On dimninuera done lea chances de corruption élec-
torale en augmnentant to nombre des é[ecteurs. 1c
corps electoral en masse sera aussi indépendant dii
pouvoir que les petits contril)uableS sont indépen-
dans des grands. V
La nation n'a aucun intCrêt a cc quc ses institu-
t i ons Sojent assises sLav lagrande proprieté;cUe at V
tout intérét a ks asseoir sur La PROPR1ETE. Cette
base si belle si large si solide aucun gouvern
, , ,
meat ne l'ajamais cue. Coax qiii la réclament sont
traitCs dc désorganisateurs, d'anarchistes, de parti-
sans dc la loi agraire. Cette injustice ne dolt pas i ,es
décourager. Elle a été intligéc de tous tems, a tons
,
lescitoycus qui se sont faits leg avocats et lea pro-
pataeur3 d'un progrès quelconque.
Un temns viendra oà la souveraineté dir peuple V
no sera plus an vain mot om le gouverneinent Vde
,
lx mnajorité sera organisC d'une inanière réellepal'
La délCation des pouvoirs nationaux oi l'électioli
,
eLla responsabilité seront instailCes At tons lea clegrCs
de i'Cchelle politique oh la corruption en sera ban-
,
me et oil l'on reco*naitra qu'il eat aussi aisé cle
,
gouverner leg honinies par tours vertus que par
leuis vices.

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