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Chronique Judielaire.

Chronique Judielaire.

LE DIRECTEUR-GNEItAL DE LA POLICE CONflAMNE.
—iqne11ti'un au niónde itait plus ob!igqu'un au-
tre do connaitre les ordonnanees de police et de s'y sou-
mettre, naturellement it semble que cc deyrait &ro M.
le dlrecteur-gén&aI dela police du royaume. rEh bien!
.jI partt que M. de Jussieu n'en tient compte, de celles
au moms qui prescrivent de museler leg chiens, surtou
durant lesgrandsc[iafeurs. M. le directeur-général pa- manic
raft avoir la des chiennes d'une taille colossale,it
en possede cinq a six,lesquelles,. nyant chacune an moms
'an adorateur d'espèce proportionnée, composent tine al_I
rnable troupe de dix a douze chiens vagans sans muse_I
Itèreaiicnne dans la-courdu hot hotel de to rue do BaC,
no 9,etqui soot devoting to terreur duquarier.
Le 31 juillet dernier, Marie Benoist,jolie petite fiIle
de dix ans Iraversait it hwt heures du soir la cour de
M. dejussicu,Ies chiens fondirent sur elle,sans pro-
vocation aucune,Ia jetèrent A terre et Iui firetit trois mor-
Sures, dont unesigrave, quo la blessure nes'est cicatrisée
quo to dix-nenvième jour, et pie,par suite de I'horribh
peurqu cite a éprouvte, la pauvre enfant CSI reside dans
Un dat continuel d'irritation , nerveLise.
. Apres avoir donné ces details,to femme Benois
a oute : a Je Be 'voulais pas faire on praëès a de Jug
Sieu,etje iui disais : Payez-moi seulement les médecin M.
et les medjcamens ; je Be demande rien pour Ia petite
arrangeons_nous, cela vaudra mieux que d'avoirrecour in
I to tice. A cc mot, it s'est emporI: Ah ! vous me me-
nacez de to justice,, inoi ! m'a-t-ii répondu . . . . Jo pren-
thai 50 fr. dans ma poche, et •je leg donnerai airs pauvres;
ma is Vous , vous n'auriez lien. o
. M. LE PRESIDENT : Eh bien ! vous y voici devant la
Justice , et justice vous Sera faite je vous en réponds.
M. de iussieu, qui avail déjà obtenu one remise , it y a
troissernalnes , he s'est pas encore présenté aujourd'hui.
LeTribunal, par son jugement , Pa condamné par dé-
saul it jours de prison, I 00 Ir. d'amende et 1,000 fr.
d edommages_interé.
'do la proscription de Ia familte impCriale;Il ne . ouvait1 de i'habiller ?
ccepter l'idC d'un tel Ostracisme dans ses élans Jadmi-
YStion fanatique pour legrandhomme. I
Del'autrecôt de M" P ...... c'était encore unexils
Un banni qui prenait place an banquet e Ic marchese
V. . . . • jeune Milanais, d'une des plus anciennes famill.s
de In Lombardie qk physionomie mobile et toute mér
lonais. dionale coitrastajt avec Ic cIme triste et pensif d'i Po-
it êlait lie d'une arnjtiC forte et ardente avec to
Prince Louis, comme presquit tons les jeunes gens distin-
gués de l'ltalje. Compromis en 1830 par one simple dé-
flOflstratjode sympathie pour to revolution de juillet
it avail été oblige do se rCfugier en Suisse pour echappe;
suitvengeance5 Soupconneuses de l'Autriche. So lwiIe fi-
gure, coup#e is to romaine, son regard fin et pCnCtrant,
sa parole Seandée, I'animatjon accentuée do son,
M gestitti1atj rapide etpassionnée quand it parfait du
Progr6 Social et moderne, tout on lui dCcelait one nature
gCnereu5, impatiento du joug, et née pour les grands
ddvola créent l'avenjr.
L'atje
decesdétails avait l'honneur d'assister an
banquet a
In droit de to prineesse Stephanie &auhar-
nais , qui prenait tin plaisir extreme a parler de la littCra-
lure francaise moderrie quelle connaissait parfaitement
dt elle critiquajt Iiautement leg tendances iminora-
l es- Elie neprochait Surtout a
'qner d l'Ceole romantiqiiede man-
nMlonaIiLé Pas depuis isao, liii dis-jt'IIs ne
$aventdonc pas, lijouta la rome Hortense en se mélant Iad
iscussion , quo la nationalité est one ame de plus.
L. BELMONTET.
(La rin d uriprochaus numéro.)
. . -.

mechanic title que Pauline Ménétrier ! Cet d'elle astL-
résnent tjue I'on peat dire j sans romantisme, qa'elln a la
uigtire arigc et iccour d'un petit demon. Conine
l'eflve!oppe esl iuieiiteuse!Fi'z-vous done a on gracioux
visage, frais, rose, doucereux;i de beaux y'ux noirs pé-
; a
tillans d'espiégleii one bouche mignonne et son-
riante ! . . . Tons ces dehors attrayaris caclwnt tin mauvais
caractère , one aisle vindicative. Fl ! Piiiiljne ! que vou
dies laide ! - C'est In coquetterie , cc vilain défaut, qul
vous a rsiidue mécharite, qui vous a fail enfermer pen-
nt trois semaines a Saint-Laare, qui vous amène au-
jourd'hui sur Ic bane de la sixièmcchatnbrepour etiten
dre pr000lleer votre jugernent.
Mite Legardeur s'avance a to barre, cUe Porte sur ii
lone gauche tine tongue cicatrice qui mi laboure In figure
depuis l'extrémité do l'eil jusqu'au-dessous dé l'oriIIe.
\1110 Legardeur est couturière ; cue demeure dans In
memo maison que Pauline;et tonics deux vécurent long-
tents en parfaite amitid. II est a remarquer que leg qu-
relies leg plus violenies, los baines leg plus envenimées,
leg divisions les pLUS irréconciliables soot celles qul slir-
gissent entre deux personties amies. a
Pauline avail commandé one belle robe Mile Legar-
deur; celle-ci , fière do son ouvrage, monta , trois jours
aprés, chez Pauline pour mi essayer so robe;I'ouvrière
a
s'attendait recevoir des complitnens, cite no reçut que
des reproches. La jeune coquette élail de mauvaise hu-
____________ incur. . . . et leg coutures Otaient massacrées ..... et la
taille était trop courte.....et Ic corsage n'avait pas de
am .....et leg manches dtaientdes horreurs ......
C
ef, l'arnour-propre de In couturière s'irrita des cri-
tiques amèros et injustes donnécs a son travail, a son
chef-d'ieuvre.... Quclques épigrammes furent lancécs
—Et mademoiselle était bien dillicile a contenter.. ... et'
I'oii servail do plus grandes dames quo Mile Pauline , qul
jamais tie s'étaient montrées aussi exieantes ..... et it y
avaiL des totirnures impossiblesà habiller.....et ce ii'é-
tail pas la robe qu'it fallait refaire, mais le corps de ccr,
Lames gong. ....Pauline répondit—qae certaines ou.-
vrières feraient bien mieux d'aller border des soutiors
que de se mélcr do tailler des robes..... Mile Legardeur
ripoSta - que certaines demoiselles auraient la taillo
plus fine, sans certaines raisons que l'on comprenat
bien.
Cc dernier coup de langue commençaitIisortir du
champ-cbs de to discussion. Une fois le; barrières fran-
a
chies, l'dpigramme so mit galoper de telle sote qu'elle
atteigilit bienlót leg limites do l'iijure;leg récriminatiors
so changérent bientôt en outrages, leg arguinens on votes
de faiL. . . . Paulinesaisittine arme quekonqriosur la che-
rniuée ,et en porta on coup terrible dans Ic visage do son
ennemie. .
Aux ens do la blessée, les voisines accourent;on trouve
Mile Legardeur évanouie, ensanglantée,;le commissaire
de police intervient et envoie Pauline vo, prison..
M LE PRS1DENT MOUIUtE interroge e Legardeur:
Quel est linstrurnent loiit s'est servie In prévenue pour
yousfrapper an visage?.
Mile LEGABDEUR : Was, monsieur, jene sais rien, je
n'ai rien vu : je supposeque cc sont des ciseaux. .
PAULINE : Pas du tout;c'éLait Lout siEnpiement on
grosse épingle noire.
M. LE PRgSIDEtT : Si le coup avail porte quciques Iii
gues plus hout,vous pouviez crever anR11 a cete mail
heureuse title.
PAULINE : Dame! c'estelle qui a commence.
M. LE PRE8IDENU : A vous frapper?
PAULINI Non, mais a me dire des impertinences.
M. LEPRESIDENT ; Cc West pasune raison pour crever
lea yeux aux gens.
PAULINE : Un simple coup d'épingle !
M. LE PRÉSIDENT : Un coup d'épingle qui mi a dCchiré
tout levisage d'unemanière horrible, CL dont la trace est
encore bien visible aujourd'hui.
Mile LEGARDEUR : Ilélas ! me voilà défigurée pour Ic
reste do mesjours.
M. LE PRÉSIDENT : Avcz vous tIle malade long tems?
stile LEGARJ)EUB : j'ai été quinze jours sans pouvoir
sortir. .. J'avais Ia figure enveloppCe... je n'étais pas
presentable.
M. LE PRESIDENT : II paralt quo vous avez adressé des
paroles otiensantes a to prévenue?
M11" LEGARDEUR : JO liii ai dit quciques mots on pe
durs, peut-étre. . . maiselle en InCritait bien davantage.
PAULINE : Avisezvous de leg répéter seulement.
Mile LEIARDEUR : Venez encore, mépriser mon ou-
vrage.
La querelle menace de s'échauffer encore;mais Ic tri-
bunal Impose iIence aux deux ennemies pour entendre
les voisines qui out assisté a cc grand combat féminiri.
St e Goyer-Duplessis présente quelques observations en
faveur de la prévenue, et prie le tribunal do to traite
avec indulgence.
Dans six jours Pauline sortira de la maisonde Saint-
Lazare.
QuelIe est to couturlére qui aura désormais le courage
LA POUBSUITE DES FANTOMES. — Une cause Cirange a
occupé Yaudience du tribunal do police correctionnelle do
Doullens; it s'agissait d'un homicide par imprudence,
quo to pour avail seule fait coinmeltre. Voici to fait :
Deux individus de Terramosnil 1 reverant do B'auval
dans Is soirée du 20,juillet dernier , , aperçi rent d ins Ia
bois de S o rry , voisin de to commune do Terrainesnil, des
i'spéces de fantômes vétus do blanc dont Us furent effaryés.
I t s se htitèrent do regagner le village ; lorsqu'ils y furent
arnivCs its n'eurent ricn de plus pressC, on le pense bien,
, a
quo do raconter liurs parens et amis l'efTroyable appa-
rition du bois de Sery.
Les plus hardis de ces derniers traitèrent do fable lent
et leg invitèrent a les accompagner to surtende-
relation ,
main au bois , pour so convaincre que lour imagination
seule four avail fait voir leg fantômes en question , 0U
plutôt pour s'amuser de litcrédulité des peureux.
L'heure du rendez-vousarnivCe, on se met en marcht';
o n to bois. Los plus hardis ypénètrent ; leg fan-
tomes sortent d'un autro côté , et poursuivent leg mat-
heureux visionnaires, que la crainto avait retenuS Ii quo1-
.iue distance du bois.
Ces derniers regagnent alors a tonics jambes le village
et cherchent on refuge dans one cour qui four était oil-
verb; mais it s'ytrouvait déjà plusieursdes fàntómesqtll
fuient ators verS
four avasent donné to chasse ; its Ufl13
autre maisonoi its aperçoivent de to lumière , et pCtic-
trent dans to cour. .
A peine y étaient-ils , que l'un des faitômes vient leg
y joindre. Alors to nommé A. D . . . , a qui to pour na-
vail pas 60 entièrement to parole, s'Ccrle d'une voix la-
mentable , en S adressant an prétendu esprit , pi'il qua-
t1 ,f
. .

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